Le foot, le foot et puis plouf...

Publié le par Le maître des Bouviers

La rumeur vous est sûrement parvenue, comme à moi, hélas.

Il y a une compétition de fouteballe ces jourd'huis en Afrique du Sud.

Que je vous le dise tout de suite, mes chers et délicieux amis, précieuses et succulentes amies...

je m'en contrefiche le coquillard sur la commode !

 

Et ça va un peu plus loin encore (je sens que je vais me faire lyncher) : je déteste le fouteballe, je vomis le fouteballe, j'honnis le fouteballe, j'exècre le fouteballe et, en plus, ça m'énerve.

 

Je pourrais avoir une approche matérialiste de la chose (chose étant un mot particulièrement bien choisi, comme machin, truc ou bidule) et vous dire que le fouteballe ne sert à rien.

Comme la religion, les ministres (l'hyper-président ?) ou la prostate.

Mais ce serait trop facile parce je ne pourrai pas écrire des horreurs, des gros mots et d'autres imprécations vilipendatrices.

Or donc, les foules en délires se sont enflammées pour cette compétition et pour cette équipe de France qui allait, à les en croire, remporter un saladier à sangria et accessoirement sauver la France, le monde et l'univers.

Pffff ! T'en fiche, oui !

Je ne sais pas vous mais je considère que, tant qu'à choisir un (ou des) sauveur, autant prendre quelqu'un ne souffrant pas de microcéphalie, de surestimation du moi et d'hypertrophie du compte en banque (anonyme et en Suisse ?) comme ce fût le cas quand l'inexistant ravi de la crèche (de Nazareth) nous sauva (prétendument) des affreux péchés qui nous accablaient l'âme mais qui sont diablement bons quand même, comme le demi-dieu Hercule (celui qui rit quand... ), comme Superman qui reste un peu couillon quand même puisqu'il rame comme un malheureux pour coucher avec sa collègue de bureau (Loïs Lane je crois) sans doute parce qu'il met son slip SUR son pantalon et que les filles détestent ça.

 

Bref et dans l'ordre :

L'argent.

Ces garçons gagnent des milliasses de bon argent, des mïons et des mïons, et cela commence de faire scandale, surtout en regard des résultats.

Je ne vais pas en rajouter une couche parce que cette aspect du fouteballe ne fera pas partie de ma diatribe.

Ils gagnent plein de sous.

C'est bien et je m'en fiche.

Je vais même vous dire qu'ils pourraient en gagner dix fois plus que je n'en pisserais pas plus roide.

Entendons-nous bien, il ne s'agit pas de mon argent même si je sais que M. Bouygues espère un retour sur investissement de ce qu'il a payé en droits de retransmission en faisant payer des annonceurs pour qu'il nous accablent de leurs stupidités publicitaires (temps de cerveau disponible, vous vous souvenez ?), prix des pubs qui se retrouvent, bien sûr, dans ce que je paye quand j'ai le malheur d'acheter un de ses produits là.

Du savon liquide par exemple.

Il me suffit cependant de ne pas acheter de ces produits là, ceux estampillés fouteballe, et de ne pas regarder TF1 (ce que je fais quotidiennement avec une satisfaction très satisfaite) pour avoir le sentiment qu'il ne s'agit pas de mon argent.

C'est un peu illusoire mais ça me suffit.

Ce qui m'agace dans le rapport du fouteballe avec l'argent c'est qu'ils (ceux qui accumulent des fortunes grâce à ça) considèrent leurs mirobolants revenus comme un dû, qu'ils méprisent ceux qui les adulent et leur donnent cet argent là (supporters et autres aficionados) et, surtout, qu'ils expliquent ces sommes folles parce que s'ils ne les avaient pas "ils partiraient à l'étranger et le fouteballe français serait moins bon".

Mais qu'ils partent donc !

L'argument est absolument fallacieux, inepte, et ceux qui osent l'avancer nous prennent pour des abrutis.

Comme pour les tradeurs fous qui nous ont coûté des mïards et des mïards : ils reçoivent des bonus (et jamais de malus !) qui récompensent leur talent qui pourrait s'exercer ailleurs s'ils n'avaient cette carotte.

Mais qu'ils y aillent donc à la Citi ou à Oualleusrite !

Je m'en balance et m'en porterait sans doute mieux.

Le plus scandaleux c'est que le fouteballe, de sport populaire, est devenu un jeu de milliardaires admiré par des smicards.

Et ça me fait bouillir le sang et rend mes humeurs très, très atrabiles.

Conscience de classe si vous voulez, néanmoins si je travaillais pour M. Bouygues, par exemple, je ne l'admirerais pas pour ce qu'il gagne (que ce soit justifié ou pas), j'aurais, je pense, plutôt tendance à le détester pour ça.

Est-ce vraiment si politiquement incorrect de dire que l'on déteste les riches et que l'on préfère défendre les pauvres ?

Tout l'inverse d'ailleurs de ce que font les fouteballeurs.

 

Religion.

Ben, oui. Religion en sous-titre.

Parce qu'il s'agit bien de cela.

Remarquez, je vous prie, le terme utilisé par les journalistes sportifs (contradiction dans les termes) à l'occasion de cette coupe : "la grand-messe du fouteballe".

Ils ont raison pour une fois même si c'est pour célébrer la chose.

Le fouteballe a tous les attributs de la splendeur chrétienne, la croyance en plus.

Et c'est même une religion d'état puisque les ministres nous disent : "Il faut que les Français soutiennent l'équipe de France". Dixit un ministre quelconque entendu sur France Inter il y aquelque jours.

Je vous demande un peu : "Il faut" !

Sous peine de quoi ? L'excommunication du statut de Français ? La lapidation en place publique ? Le bannissement à l'île du Diable ? Pire, être obligé de s'injecter les millions de doses de vaccin de la grippe Hachanana qui sont en train de pourrir ?

Quand j'entends ça, il me vient à l'esprit des tas de mots qui commencent par S, ou par C, ou encore par A mais je ne les écrirai pas parce que je suis un garçon bien élevé.

Néanmoins la fureur me gagne quand je m'attire des regards au mieux interrogatifs, au pire indignés, quand j'ose affirmer mon absolu désintérêt du fouteballe.

Et quand j'en fais la critique, comme ici, je me croirais revenu aux temps bénis de l'inquisition Espagnole.

Encore heureux que la loi, et les forces de police, me protègent de la vindicte des fidèles qui n'hésiteraient pas de m'envoyer tout botté au bûcher pour que j'y sois purifié de mon hérésie par les flammes.

T'en foutrais, oui !

 

Je rêve d'ailleurs d'une chose : m'inviter sournoisement dans un match de fouteballe de cette coupe du monde et lâcher les deux Bouviers sur le terrain pour qu'elles y fassent un carnage à grands coups de coupantes canines.

J'aurais alors un rire sardonique qui me paierait des avanies que me font subir ces abrutis par ce tapage médiatique obscène.

Je viens à l'instant même d'entendre sur Inter ce que vient de dire un de ces joueurs à propos des "malheurs" qui accablent cette équipe de France : "L'équipe de France souffre, c'est donc toute la France qui souffre".

Mais pour qui se prend-il donc pour faire parler mon pays de la sorte ?

La France qui souffre, mon ami, ce n'est pas celle qui tape dans une baballe pour un million d'euros par mois.

Et cette fois-ci je le dis : Connard !!

 

Parfois je suis influencé par quelque émission de radio dans l'achat de mes bouquins.

Au rebours aussi de mon envie de lire la production d'un auteur en entendant sa prestation radiophonique.

Il ne faut cependant pas en vouloir aux écrivains de n'être pas bon à la radio, ils (ou elles) sont conçus pour écrire pas pour parler dans le poste.

En d'autres termes c'est la curiosité qui me pousse en dépit de tout.

 

"Police, mon amour"

Bénédicte Desforges

Éditions Anne Carrière

18 €

Durée de lecture : 2-3 heures

 

Comme je le vous disais en prolégomènes, voilà un sujet de bouquin qui aurait pu me laisser indifférent.

Les histoires de police ne m'intéresse pas, les policiers non plus sauf s'ils s'appellent Lestrade ou Inspecteur Japp et qu'ils sont par conséquent très compétents mais cependant un peu cucu-la-praline... comparés à Sherlock Holmes et Hercule Poirot bien sûr.

L'Inspecteur Ganimard cependant est intéressant dans la mesure où il se fait systématiquement ridiculiser par Arsène Lupin.

Les récits autobiographiques dans le genre "portrait sans complaisance et réaliste de la société d'aujourd'hui que c'est terrible, ma bonne dame, rendez-vous compte !" me font parfaitement chier.

La plupart du temps (presque toujours) c'est d'un ennui mortel et ça ne m'apprend rien.

Surtout les histoires de police et (par conséquent) de délinquance, j'ai toujours l'impression de lire un reportage de TF1 fait pour me faire peur.

Et je n'aime pas avoir peur contrairement à une majorité, semble-t-il, de Français qui se complaît dans ce sentiment à l'exemple d'un mien voisin qui a dépensé 15 000 euros en portes et fenêtres blindées à la suite d'un cambriolage où les malfaiteurs lui avaient dérobés des bijoux d'une valeur de 200 ou 300 euros.

Il faut dire qu'il est suprèmement idiot puisqu'il n'aime pas les chiens qui restent les meilleurs systèmes d'alarme et de défense qui soient, surtout les Bouviers.

Bref, rien ne me poussait d'aimer ce bouquin, ni son titre (assez commun, il faut bien dire), ni son auteur (une ex-lieutenant de police), ni les rapports que j'entretiens avec la police (aussi éloignés que possible), ni encore les reflexions que m'arrachent la politique sécuritaire et délirante de notre hyper-président.

Mais...

Ben, oui, si je vous en parle c'est qu'il y a un mais.

Mais, donc, la forme d'abord est plaisante, l'écriture est à l'image de l'auteur (à ce qu'il m'a semblé en l'écoutant sur Inter) : nette, précise, sans bavures (Oh, hé, ca va, hein ! Fallait bien que je la fasse, celle-là).

Sous forme de chroniques assez courtes (recueil des chroniques d'un blogue ?) Mme Desforges nous dépeint son parcours dans la police et l'on se surprend à s'attacher à ce qu'il lui arrive.

Son réel talent (autre que celui d'écrire, qui surprend au détour d'un chapitre en nous offrant un petit morceau de poésie (oui, oui !) assez noire et désabusée cependant) est de nous epargner le pathos larmoyant qui consiste à bien nous faire comprendre que les flics sont "aussi des êtres humains avec un coeur qui bat".

Il s'agit de nous faire vivre les situations qu'un policier peut être amené à vivre, des plus tragiques (le chapitre où un cycliste s'est enroulé autour de l'essieu d'un camion est insupportable) aux plus cocasses (faction au bord d'une route, sous la pluie, en attente du cortège présidentiel qui ne passera pas), en passant par les plus drôles (les justifications des automobilistes lorsqu'ils sont verbalisés).

On se rend compte enfin qu'il faut une bonne dose de philosophie pour être flic, ou de détachement.

L'ex-Lieutenant n'hésite d'ailleurs pas à dresser la portrait du flic con ou haineux et aigri.

Un bon bouquin somme toute mais qui n'emporte pas plus de sympathie envers nos forces de l'ordre.

Hélas, d'ailleurs.

Parce que pour une fliquette pleine d'empathie pour nous, qui sommes parfois complètement idiots quand nous commettons une infraction, il y a les autres policiers qui en sont dépourvus (à leur corps défendant ?) et qui sont l'incarnation d'une politique imbécile qui cherche à nous pousser à la faute, à entretenir un climat d'angoisse permanente (dans un but électoral, tout le monde le sait) et à déshumaniser des fonctionnaires qui devraient, plus que tout autres, être les plus proches de la population.

C'est un livre un peu triste parce qu'il ne donne pas grand espoir pour que les Français cessent d'avoir peur de leur police.

A lire cependant quand le spleen vous tient et que vous ne savez pas pourquoi, ça relativisera vos états d'âme et parce que c'est bien écrit, la preuve puisque je l'ai lu d'une traite.

 

"Darwinia"

Robert Charles Wilson

En poche aux éditions Folio SF

8,70 €

Durée de lecture : 1 ou 2 jours

 

J'avais déjà lu des ouvrages de ce monsieur (Les chronolithes ; Spin) et je n'avais pas été emballé.

Parce que dans ses précédentes oeuvres, M. Wilson souffrait de ce défaut de beaucoup d'écrivains de SF : supposer que le lecteur en sait autant qu'eux alors ils négligent d'expliquer certaines choses ; nous devons alors les deviner sans être pour autant sûrs de les avoir bien comprises.

Et c'est énervant.

C'est donc avec beaucoup de réticence que j'ouvrai ce livre, je me promettais aussi de le bannir dans les tréfonds de ma cave si quelque chose m'échappait.

Ce n'est pas arrivé, tant mieux.

Sans doute parce qu'il s'agit d'une uchronie, que j'aime bien ça et que le contexte est connu puisqu'il s'agit de l'Histoire qu'on nous enseigne à l'école.

Pour peu que vous n'ayez point oublier vos cours d'Histoire du début du siècle dernier (période Première Guerre Mondiale) vous vous en sortirez très bien.

La trame : en 1912 l'Europe et un bout de l'Angleterre disparaissent mystérieusement et sont remplacés par un continent à la flore et à la faune inconnues.

Un jeune Anglais (évidement !) décide d'explorer ce nouveau continent et de résoudre l'énigme de son apparition.

S'ensuit les aventures qui arrivent à cette expédition.

C'est plaisant parce que l'écriture est vive et serrée, sans longueurs excessives, ce qui n'était pas gagné pour ce genre de récit qui demande beaucoup de descriptions.

On songe même parfois que l'auteur à actualiser avec talent ces récits des explorateurs de la fin du XIXème qui partaient à la découverte de l'Afrique comme un Dr Livingstone ou un Stanley.

De la vrai bonne et très décalée uchronie comme je les aime.

A lire donc.

 

"Bienvenue en Otopia"

Justina Robson

Éditions Milady

8 €

Durée de lecture : 3 jours

 

Parfois, encore, je choisis un bouquin pour de mauvaises raisons.

Celui-là je l'ai choisi pour la pire : la couverture me plaisait.

Il faut dire qu'elle avait tout pour me plaire puisqu'elle représente l'héroïne du bouquin (Lila Black) et que je n'ai jamais pu résister à une jeune femme aux cheveux courts et rousse (et bien foutue).

C'est comme ça. Une sorte d'idéal féminin.

Pour le reste, Lila Black, l'héroïne donc, vit dans un monde futur (proche) ayant subi une catastrophe quantique qui a "ouvert" des voies vers d'autres mondes.

Le monde des elfes, celui des fées, celui des démons et celui des morts.

Vous suivez ? On croit lire un bouquin de SF et pas du tout, c'est de la fantasy.

Je ne vous cache pas que les premières pages sont un peu ardues, mais on se fait assez vite à la situation.

Surtout que Justina Robson ne s'embarrasse pas de descriptions précises et exhaustives en début de bouquin, on rentre tout de suite (presque) dans le vif de l'action.

Au fil de la lecture on arrive à comprendre tout le reste.

On s'attache aussi au personnage et a ce qui lui arrive, notamment pourquoi elle est plus qu'a moitié bionique (améliorée comme "l'Homme qui valait trois milliards"), qu'elle travaille pour une agence type CIA, qu'elle est doté d'une Intelligence Artificielle directement implantée dans le cerveau et qu'elle est, malgré ses membres artificielles, très sexy.

Précisément pour ça, peut-être.

Un petit défaut cependant : l'usage de l'imparfait et du passé simple un peu cavalier.

Presque rien cependant puisque on reste bien scotché par l'histoire, qui est rebondissante et fouillée, logique et entraînante.

Pas trop de contenu psychologique ni de considérations sociales ou morales et c'est tant mieux parce que les auteurs qui veulent faire passer un "message" dans de la fantasy se trompe souvent de support, ou alors il faut s'appeler Tolkien.

Un vrai bon roman d'aventures dans le style fantasy technologique.

 

Belles et bonnes lectures.

 

Le Maître des Bouviers

 

kestuveu dessin

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