Que ça m'énerve !

Publié le par Le maître des Bouviers

Prolégomènes : j'informe dorénavant, lors de la présentation de l'ouvrage que je m'apprête de critiquer, de la durée de lecture idéale selon moi.

Il me semblait qu'en plus du titre, du nom de l'auteur, de l'éditeur et du prix, il pouvait y avoir quelque intérêt de savoir, chers et précieux amis, douces et tourneboulantes amies, le temps que j'ai mis à lire ledit ouvrage.

 

 

Oui.

Plein de choses m'énerve, je ne devrais pas vous en faire part parce que vous pourriez vous en fiche et vous auriez raison.

N'empêche, je vous le dis quand même...

Là, par exemple, tout de suite, maintenant, je viens de changer de clavier parce qu'une touche (je ne sais pas laquelle !) me fait disparaître le curseur (vous savez bien, celui qui clignote sur l'écran et qui vous permet de savoir où vous en êtes) et ne "prend" plus ce que j'écris.

En d'autres termes, je tape sur le clavier et ça n'écrit pas.

Et ça me fout en rogne parce que ça ne marche toujours pas ! D'autant que je ne regarde pas ce que j'écris avant plusieurs lignes d'où une fureur redoublée quand je me rends compte que tout un paragraphe est passé à la trappe.

Où passe donc ce qu'on écrit quand cette foutue abominable machine à la con n'écrit pas ce qu'on veut qu'elle écrive ?

Mmmmh ? Où ?


D'autres choses ?

Plein. Beaucoup.


Dans l'ordre :

Le pognon (le mien) que l'on arrête pas de donner aux banquiers pour de mauvaises raisons.

Que ceux qui croient que c'est pour sauver le "système" bancaire, si indispensable à notre bien-être, se posent la question : a-t-on vraiment besoin des banques ?

Je veux dire que l'argent que je verse sur mon compte me coûte de l'argent, beaucoup plus en tout cas que si je le gardais chez moi sous forme de billets de banque.

Parce que les banquiers ne font jamais rien gratuitement jusque et y compris garder mes sous.

J'aimerais autant me rendre ce service moi-même et dormir sur un tas de billets de mille sous mon matelas.

Quoi ? Comment ? Qu'entends-je ?

Quel est celui qui affirme que la thésaurisation est coûteuse à cause de l'inflation ?

Un économiste peut-être ?

Un âne donc.

Regardez donc ce que rapporte le Livret A et dites-vous bien qu'épargner des sous en banque est ruineux.

Le Livret A, seul placement sans risque, qui est le mécanisme qui permet de récolter des sous pour construire des logements sociaux n'est plus rentable.

Donc l'actuelle politique de notre hyper-président est de se fiche complètement du logement des plus modestes.

Forcement, il ne les rencontre jamais au Fouquet's.

Et les voleurs de "sous-chez-soi" ?

Laissez-moi rire.

Je dispose de deux armes de destruction massive qui mettraient en pièces tout monte-en-l'air assez intrépide pour les narguer chez elles.

Mon conseil : gardez donc vos sous chez vous et adoptez deux (pas un, ce n'est pas suffisant) Bouviers Bernois.

Votre vie sera plus riche et moins monotone.


Il y a aussi un volcan islandais qui crachote et éructe un peu de fumée et de cendre.

On ne peut pas lui en faire le reproche, après tout c'est son privilège de volcan de crachoter et d'éructer et puis... on s'en fout.

Enfin, vous, je ne sais pas mais moi je m'en contrefiche absolument.

Mais quelle tapage !

Les pauvres touristes qui n'ont pu aller se goberger aux antipodes.

Quel drame ! Quelle horreur ! Quelle tragédie grecque !

Et ce concert de pleureuses parce que "mais qui va nous rembourser ?".

Et bien personne et surtout pas moi. C'est bien fait en plus, ils n'avaient qu'à pas vouloir aller dans des pays qui ignorent ce que la dignité humaine veut dire, où des gens meurent de soif et de faim alors que des gros touristes se vautrent complaisamment dans la débauche de produits vitaux.

Et tout ça parce qu'ils ont payer ? Des baffes, oui !


Et la burqa.

On a dit tout et n'importe quoi à ce propos, surtout n'importe quoi, on a clairement manipulé l'opinion publique à grands coups d'approximations et de mensonges éhontés, mais on en arrive où ?

Simplement à faire voter, par un parlement croupion et par des députés et des sénateurs à la botte, une loi qui ne résoudra rien mais permettra à des flics de remplir leur carnet à souche et donc de punir les victimes.

Et qu'on ne vienne pas me dire que les horribles bigames (comme si ça pouvait encore exister en France à l'époque des fichiers d'Etat Civil centralisés et informatisés) islamistes seront aussi punis d'une très lourde peine de prison.

La bonne blague.

Il semblerait bien aussi que des directives aient été données à la police parisienne de ne pas procés-verbaliser les épouses des richissimes cheiks du pétrole (de vrais bigames ceux-là) qui viennent faire leurs courses sur les grands boulevards dans leur vêtement à la con.

Du grand n'importe quoi du début à la fin.

"Mais, ô Maître des Bouviers, qu'auriez-vous suggérer que le gouvernement fasse ?".

Mais rien plutôt que ça.

Et laisser les humoristes se foutrent de la gueule des abruti(e)s qui défendent la liberté de se vêtir comme une boite à lettres.

 

Quoi d'autre.

Les gens qui disent "malgré que" ; une bonne fois pour toute on dit "bien que".

Le football parce que je ne fais pas partie des boeufs, faut pas déconner quand même, qui regardent des millionnaires taper dans une baballe.

Les gens qui vous souhaitent un bon appétit sont des ploucs qui me le coupe, la baronne Staff est formelle là-dessus : on ne souhaite pas un bon appétit, à personne.

Les pâtissiers qui nous affligent avec leurs recettes sur ma chaîne de télévision préférée (CuisineTV), où il faut mettre 12 grammes de ceci et un quart de moitié de cuillère à thé de cela et cuire à 156,5° C pendant 33 minutes et 9 secondes. Aucune fantaisie ces pâtissiers. Sont chiants.

Les filles que je branche sur meetic (oui, ben, j'ai subi un ultimatum du démon qui partageait ma vie : "C'est moi ou tes Bouviers !" m'a-t-elle dit. Alors forcement je me suis inscrit sur meetic.) qui me répondent, c'est sympa, merci beaucoup, qui échangent des propos subtils et profonds, chic alors, qui acceptent même de me rencontrer, alléluia, et puis...

Plus rien. Plus de son, plus d'image. Rien. Même pas une explication. Pffff !

Il faudrait néanmoins que je cesse d'emmener les Bouviers avec moi lors de mes rendez-vous galants.

Elles peuvent faire peur, je pense.

Mais surtout cet insupportable foutu bordel de curseur à la con qui disparaît sans cesse.

Je viens encore de perdre tout un paragraphe d'une hauteur d'esprit sans pareille où la profondeur de l'analyse le disputait à l'époustouflante maîtrise du français qui aurait fait pleurer de dépit Voltaire lui-même.

Et je ne vais pas recommencer.

Tant pis.

 

"Transparences"

Ayerdhal

Édition Le Livre de Poche

7.50 €

Durée de lecture : 2-3 jours

 

Dans la catégorie des polars psychologiques, ce bouquin pourrait faire figure d'exercice de style.

Je ne sais pas si l'auteur est psy (chologue, analyste, chiatre) mais il pourrait.

L'intrigue est assez simple : un criminologue d'Interpol se voit confier un dossier concernant une sérial-killer mystérieuse et insaisissable qui aurait plus de mille meurtres à son actif et qu'il va essayer de coincer.

Ensuite ça se complique un peu puisque la CIA, le FBI et des anciens du KGB viennent mettre leur nez chafouins (nez chafouins ?!) dans l'enquête.

S'ensuit une sorte de guerre des polices version espionnage de grande envergure avec tout ce que ça implique de trafics d'influence et de jalousies de service.

Les personnages sont bien campés, y compris psychologiquement quoique pas vraiment en profondeur, et leur lutte pour le pouvoir est réaliste car on saisi toute les implications politiques que peut avoir la lutte contre le crime.

Le véritable tour de force c'est que d'une intrigue ouverte sur le roman noir et d'aventures ce M. Ayerdhal fasse un roman assez intimiste où le lecteur n'est pas bousculé par des personnages inventés pour une circonstance et dont la durée de vie est de quelques pages, où on s'attache aux deux héros principaux et où on ne se perd pas dans la pléthore des secondaires (5 ou 6 pas plus).

Un compliment : l'intrigue est "Brownienne" mais traitée avec intelligence et cohérence, sans les pirouettes qui font que les lecteurs de D. Brown (ceux qui ont un petit sens critique) se tapent la tête à coups de pelle à tarte parce qu'il les prend pour des abrutis.

En d'autres termes, vous ne trouverez pas, dans ce bouquin, de rebondissements (à la con et invraisemblable) toutes les dix lignes.

On reste bien attaché à sa lecture bien que le style reste académique (écriture "école américaine") et que les dialogues soient parfois un peu confus à force de sous-entendus et de références qui se rapportent à d'autres dialogues.

Bon bouquin distrayant.

 

"Une forme de guerre"

Ian M. Banks

Edition Le Livre de Poche Science-Fiction

7.50 €

Durée de lecture : 2 jours

 

J'ai été un peu déçu, pourtant j'apprécie plutôt la production de M. Banks comme "L'usage des armes" ou "L'homme des jeux".

La trame de fond de chacun de ses bouquins est assez classique dans les ouvrages de SF depuis Asimov : la galaxie est peuplée d'humanoïdes et il arrive au héros plein d'aventures au travers de cette même galaxie.

Classique, donc.

Où doit alors se trouver l'originalité ?

Dans le système d'organisation de cette civilisation galactique et dans les conflits qui la secouent.

Chez Asimov l'organisation s'appelait l'Empire Galactique et était calqué sur le fonctionnement de l'empire romain ; le conflit était la chute de cet empire (relisez le cycle de "Fondation", ça vaut le coup).

Ian Banks invente une civilisation qui s'appelle la "Culture", immense société anarchiste, tolérante et cynique qui conquiert peu à peu les autres civilisations en les séduisant.

On suit les aventures d'un héros humain (à peu près) qui se trouve être un opposant à la "Culture" et qui la combat dans le camp d'une puissance non-humaine fanatiquement religieuse.

On ne sait cependant presque rien de cette guerre de religion anachronique et c'est dommage ; on ne sait presque rien de la "Culture" et c'est aussi dommage parce qu'on aimerait bien être séduit par la elle.

Les descriptions sont pourtant flatteuses à l'esprit (vaisseaux géants, mondes artificiels...) et on rentre volontiers dans la peau du et des héros, dans leur façon de penser aussi.

De ce point de vue, rien à dire.

Mais il y a comme un décalage entre le but poursuivi par le personnage principale et le cadre dans lequel il évolue, la fin aussi est un peu juste.

En me relisant, je me demande si je n'ai pas été un peu sévère.

Faites-vous donc une idée par vous-même.

 

"Roma Aeterna"

Robert Silverberg

Édition Le Livre de Poche Science-Fiction

Durée de lecture : 1 ou 2 mois

 

Vous pourriez vous étonner de la durée de lecture mentionnée, n'en faites rien puisque le bouquin est un recueil de courtes nouvelles indépendantes entres-elles que l'on a plaisir à picorer de-ci de-là au gré de notre envie d'un interlude parfois bienvenu dans d'autres lectures.

Il y a néanmoins un fil directeur à toutes ces nouvelles : l'uchronie de l'empire romain qui ne se serait pas effondré.

Je rappelle le principe de l'uchronie : que se serait-il passé si ?

En l'occurrence : que se serait-il passé si l'empire romain avait duré jusqu'à nos jours.

Je précise tout de suite qu'il ne s'agit pas d'un pastiche d'ouvrage d'histoire, il s'agit bien de nouvelles romanesques.

Et que le talent de Robert Silverberg, illustre écrivain de science-fiction, rend la lecture de "Roma Aeterna" aussi jouissive et addictive qu'un flacon de romanée-conti 1961.

Rien de moinsse !

Car, il faut le dire, le bouquin dégouline de talent, l'écriture est éblouissante dans une traduction que je devine soignée (c'est trop rare pour ne pas le souligner).

D'ailleurs : traduction de Jean-Marc Chambon.

Imaginez, si vous êtes friand des romans historiques, des chroniques flamboyantes de le Renaissance, le plaisir époustouflifianténorme que vous prendrez à lire ceci.

Garanti.

 

"Dernière caresse"

Catherine Guillebaud

Édition NRF-Gallimard

11.90 €

Durée de lecture : une nuit ou le temps de cuire un bourguignon.

 

C'est précisément ce que j'attendais (que mon bourguignon dominical fût cuit) lorsque j'entrepris cette lecture.

Petite histoire, grand bouquin.

Auto-fiction (Aïe...) d'un chien (Aïe, aïe, aïe !).

J'exprime ma douleur possible dans la  ligne précédente parce que ces deux exercice de style sont incroyablement casse-gueule.

D'abord parce que l'auto-fiction est, en France, un genre qui ne produit plus rien que de l'ennui tellement il est galvaudé et niaiseux.

Ensuite l'écrivain prend un risque énorme (avec moi) quand il s'agit de choisir un chien comme narrateur.

L'exercice n'est pas nouveau mais rarement réussi.

Et j'aime autant vous dire qu'il vaut mieux très bien connaître les chiens pour les faire parler. Je suis impitoyable à ce sujet et ne puis supporter l'approximation sur ce sujet là.

Hélas, la plupart des écrivain qui s'y risquent reçoivent, pour prix de leurs inexactitudes, un plein tombereau de gémonies sanglantes de ma part.

La crucifixion (ou l'empalement) me semble alors trop doux d'avoir manqué au respect et à la haute considération que tout être humain doit aux chiens.

Bref, ce n'est pas la cas de Mlle Guillebaud (Quel joli nom ! Nom de plume ? Si c'est la cas, c'est bien trouvé.) puisque nous sommes, au fil des pages, dans les pensées et les souvenirs de Joyce, setter anglais.

Dans son amour aussi pour sa maîtresse ; les sentiments de ce chien sont vrais et l'auteur nous les rend véridiquement émouvants.

Il n'y a pas d'histoire à proprement parler dans ce récit, juste la vie et les réflexions d'un chien jusqu'à... jusqu'à je ne vous dirai pas où.

C'est fichtrement bien écrit, c'est drôle, c'est triste, ce n'est pas ennuyeux une seconde.

Juste un petit défaut qui, sans cela, aurait rendu ce bouquin nobelisable (au moins) : c'est un setter anglais qui parle.

J'aurais préféré que le héros et narrateur fût un Bouvier Bernois.

Il y aurait eu plus de flamboyance, plus de grandeur, de puissance et de gloire, d'épopées épiques fabuleuses et d'orgueil canin flamboyant.

Non, je blague.

C'est un grand petit livre à lire d'urgence.

 

Bonnes et belles lectures

 

Le Maître des Bouviers

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NANARD612 09/06/2010 11:53


Je me demande si le setter anglais pourrait avoir une discussion avec les bouviers bernois qui parlent le Suisse; cela aurait du chien, bien qu'un setter anglais soit plus commun qu'un bouvier
bernois ou flamand. Il leur dirait"woawoaoh please?" Ils répondraient "wouf wouf nicht" et s'entendraient comme des commissaires européens lors d'une réunion à Bruxelles sur la façon de régler le
ramassage des crottes de
chiens avec des motocrottes "made in China". Bref le setter anglais n'a pas la même lignée que le Bouvier bernois et je doute que ce livre ne m'intéresse quoique... je vais essayer de le trouver et
le feuilleter.
mes hommages cher Maître


Le maître des Bouviers 17/06/2010 20:50



Mon cher Nanard,


Après de longues études, je puis dire que les chiens européens ont un langage commun, une sorte de canis lingua, dont la frontière s'arrête à peu près à l'Oural.


C'est pourquoi, au contraire de vous, je préconise de nommer des Bouviers Bernois (qui ont l'usage de la diplomatie parce que neutres) aux manettes de l'Europe.


Ils ne pourront faire pire que les ânes qui ne voient rien, ne comprennent rien et ne font rien comme nous en avons eu la démonstration avec cette crise qu'on dit financière et qui n'est que
l'illustration tonitruant de l'incompétence de ces donneurs de leçons qui vont prendre mon argent et me faire travailler plus longtemps.


Au plus grand bénéfice des vampires capitalistes (européens, ben oui !) qui aiment la piétaille chinoise parce qu'elle ne peut ouvrir sa gueule et faire une (vraie) révolution ouvrière.


Un milliard de chinois révoltés contre le capitalisme qui les exploite, ça aurait de la gueule. Si un jour les chinois se soulèvent, il faudra que je participe et j'y emmenerai les Bouviers parce
qu'elles s'y entendent pour foutre la merde.


Ceci dit, c'est vrai, le setter n'a pas la gloire, la puissance et la noblesse du Bouvier Bernois mais le petit livre dont il est question est assurément à feuilleter.


Bien à vous, mon cher Nanard


P.S. : Si vous aviez ajouté 201 unités à votre chiffre il se peut que vous eussiez suscité un intérêt particulier chez les adorateurs du gentleman.