Français ? Français !... ou pas.

Publié le par Le maître des Bouviers

La contrainte, lorsque je décidais de créer ce blogue, était de  vous informer de mon actualité littéraire.

Projet parfaitement égocentrique assurément, mais je n’oblige personne à me lire, ni d’être d’accord avec moi, ce serait trop triste et ennuyeux ; le vrai philosophe est celui qui sait qu’il faut douter de tout et que la vérité surgit de la confrontation des idées ; quel que soit le mensonge, le plus élaboré, le plus largement admis, il ne résiste pas aux débats, publiques, privés et extrêmement privés (ceux que les pédants appelle « in petto » et qui consiste à débattre avec soi-même. Ce n’est pas facile. Essayez voir !), car un mensonge, un sophisme, une illusion, une contrevérité finit toujours par être révélé et dénoncé, toujours.

Il y a plus grave que le mensonge, c’est l’ignorance.

Tous les démagogues, les dictateurs, les populistes usent et abusent de l’ignorance car grâce à elle ils peuvent faire passer auprès du bon peuple les petits, les moyens, les gros et les très gros mensonges.

Ce que je veux vous dire par là c’est : informez-vous !

Informez-vous auprès du médium (un médium et des média (sans « s »)) qu’il vous plaira, le mieux étant, encore mais pour combien de temps, la presse écrite puis la radio et enfin la Tv.

Les informations que l’on trouve sur internet me laissent encore dubitatif.

Une fois que vous aurez l’information, faites-vous une opinion !

« Mais, ô maître des Bouviers, les journalistes d’informations ne sont pas toujours objectifs. Comment faire alors ? »

C’est vrai. Ils y a des journalistes de gauche et de droite, voir d’extrêmes.

Mais quand un journaliste de l’Humanité ou un de Minute relate des faits, il… relate des faits !

Quel que soit l’opinion du journaliste, la ligne politique du journal (de la radio, de la chaîne de Tv), les influences de l’actionnaire ou des publicitaires, les faits ont une réalité objective insensible à toute interprétation.

Voulez-vous un exemple ? Oui ? Sûr ?

Bon. Voici :

Rubrique des faits divers du quotidien de Chienville :

 

« Accident mortel au centre ville :

Ce matin, vers 8 heure, Mme Yolande Vernerjinsky, 81 ans, a été percuté par un autobus.

Mme Vernerjinsky attendait sa correspondance à l’arrêt Chienville-centre quand M. Mouloud Dupont-Lajoie d’Isigny, conducteur sur la ligne 12, a perdu le contrôle de son véhicule et a fauché Mme Vernersky, la blessant mortellement.

Les secours ont vainement tenté de la ranimer.

M. Mouloud Dupont-Lajoie d’Isigny, mis en examen pour blessures involontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner et qui n’était pas sous l’emprise de l’alcool, a déclaré que les freins avaient lâché.

Une enquête est ouverte pour déterminer les causes de l’accident.

Les Toutouméchants présents sur les lieux de l’accident ont été très choqués. »

 

Petite précision authentique : les habitants de Chienville s’appellent vraiment les « Toutouméchants ».

Cette article, que l’on pourrait retrouver dans n’importe quel journal de province, est objectif, factuel ; le journaliste n’y donne pas son opinion, il avoue même (chose rare) son ignorance (…une enquête est ouverte...).

Voyons maintenant ce que cela pourrait donner dans un journal d’extrême droite :

 

« Mouloud D., fonctionnaire-conducteur de bus tue une retraitée.

Ce matin, à l’arrêt de bus de Chienville-centre, Mouloud D., d’origine indéterminé, a fauché Mme Yolande V., retraitée et veuve d’un mineur de fond, au volant de son autobus.

Ce fonctionnaire aurait, selon ses dires, « perdu le contrôle de son véhicule ».

Une enquête est cependant ouverte par le parquet, la police recherche des preuves et M. Mouloud D. est d’ores et déjà mis en examen.

Les Toutouméchants présents sur les lieux ont fortement ressentis cette insécurité routière qui commence à régner même en pleine ville. »

 

Vous voyez ce que je veux dire, les faits sont les mêmes mais différemment relatés avec, je vous l’accorde, quelques insinuations du plus mauvais effet pour notre ami Mouloud.

 

Et à l’extrême-gauche :

 

« Accident au centre-ville.

L’entretien des autobus de la compagnie de transport en question.

Mme Vernerjinsky, veuve d’un des derniers mineur de fond de la région, attendait à l’arrêt Chienville-centre, ce matin, quand un autobus fou l’a violemment percuté, causant son décès malgré l’arrivé rapide des secours.

Il y aurait eu, selon M. Dupont le conducteur de l’autobus, un grave problème des freins qui sont devenus inopérants.

Une enquête est néanmoins ouverte par la police malgré les états de service irréprochables de M. Dupont qui roule sur cette ligne depuis plus de 20 ans.

 M. Dupont n’était pas sous état alcoolique, comme l’a finalement confirmé la police mais officieusement.

En l’absence de réponse, le parquet a inculpé M. Dupont qui a été suspendu de son poste, sans versement du salaire, par la direction de la compagnie.

Les Toutouméchants, très émus et choqués, présents sur les lieux, ont été immédiatement interrogés par la police. »

 

Alors, qui est le méchant ce coup là ?

 

Ce que je veux vous montrer, c’est que quel que soit le « ton » qu’emploie le journaliste, on arrive toujours à résumer une relation des faits à… des faits : une vieille dame s’est fait renversé par un bus.

Et c’est tout !

Surtout, la seule opinion honnête que l’on devrait se former en lisant un de ses trois articles, c’est qu’on n’a pas d’opinion !

Par manque d’informations !

 

Qui sait, Mouloud est peut-être parfaitement innocent ou bien Yolande est la mère, richissime, de sa compagne et l’accident est un meurtre pour toucher l’héritage ?

On ne sait pas.

 

Même chose pour Frédéric Mitterrand qui a été la victime d’odieuses attaques, de diffamation nauséabondes et d’une campagne de lynchage comme on en a rarement vu.

Alors oui, Frédo a couché avec des garçons, en donnant de l’argent et, crime suprême, il l’a écrit.

D’abord, son bouquin je l’ai lu et c’est très mauvais, de plus quand il parle de « garçons » c’est du langage gay, je connais suffisamment d’homosexuels pour savoir qu’il n’y a aucune connotation là-dedans.

Le plus puant dans cet histoire c’est la volonté des détracteurs de Frédo d’apparenter homosexualité et pédophilie, d’exploiter les plus bas instincts des… électeurs.

Non ?

Vous ne me croyez pas ?

Imaginez la situation suivante :

Le prof de sport, ou l’instituteur, de votre petit garçon est homosexuel, il s’affiche comme tel sans ostentation ni prosélytisme mais sans le cacher non plus, d’ailleurs il en en couple depuis longtemps avec un homme.

J’ajoute que, de l’avis de tous, c’est un excellent prof.

Que pensez-vous ?

Qu’imaginez-vous qu’il se passe en cours de sport ?

Est-ce que cela vous met mal à l’aise ?

Répondez, à vous même, le plus honnêtement possible.

Imaginez quel peut être la réponse d’autres personnes.

Ensuite, aux regards des réponses, évaluez la polémique sur Frédo lancée par Marine Le Pen.


Que je vous donne maintenant mon avis sur Frédo : je le déteste et je n’hésite pas, en privée, à le traiter de tout les noms sauf de celui de pédophile, parce que ce n’est PAS VRAI ! !


Pour continuer avec ce qu’on nous dit dans l’étrange lucarne, à la radio ou dans les journaux, méfiez-vous aussi des mots connotés.

Quand un homme politique parle de « détail », ça veut dire quelque chose, idem quand un journaliste (qui montre sa tête sur la 1ère chaîne à 13 heure) parle de « gouvernement socialo-communiste » à propos du gouvernement Jospin, ou encore quand un hyper-président nomme un ministre, ministre de l’Intérieur ET de l’Intégration ET de l’Identité Nationale.

 

Et de se justifier ensuite : « Mais, dans toute l’histoire de la seconde guerre mondiale, les chambres à gaz sont, dans la quantité des faits historiques, un détail. Dans un livre d’histoire de la période cela ne couvre que quelques pages ! » ; « Mais, dans le gouvernement Jospin, il y a des communistes et des socialistes ! Non ? » ; « Mais le Ministre de l’Intérieur s’occupe aussi le l’intégration et de l’identité nationale ! C’est son rôle. Pourquoi ne pas le dire ? »

 

Alors pourquoi, quand ceux qui ont un peu de cœur et de moral (laïque et républicaine) lisent ou entendent de tels mots, ont-ils comme un sentiment de malaise et de dégoût.

 

Pourquoi vous dis-je tout ça ?

Quel rapport avec le titre de cette chronique ?

Simplement pour proposer, avec quelques circonvolutions, à votre esprit critique cette lettre ouverte de l’écrivain Mustapha Kharmoudi qui est publiée sur le blogue : Torapamavoi.

Je me suis posé la question : M. Kharmoudi se présente comme écrivain Franco-Marocain, est-ce parce qu’il est réellement franco-marocain (double nationalité) ou bien se définit-il comme tel par positionnement politique ?

Ce n’est pas d’une importance fondamentale mais je suis curieux.

Quoi qu’il en soit, voici le lettre ouverte au président Sarkozy :


De Mustapha Kharmoudi

Monsieur le Président,

Je ne supporte plus ces dérapages volontaires, ces phrases imbéciles qui explosent comme des bombes mortelles des bouches haineuses de vos ministres et de votre entourage.

Je ne suis pas de votre bord politique, mais j’ai toujours su garder le respect nécessaire à votre fonction. Maintenant, à vrai dire, je commence moi aussi à éprouver la même haine à votre égard et l’égard des vôtres... Et pour que les choses soient dites sans détour et avec la même désinvolture que vos émissaires en terre FN, votre idée de la France, je n’en veux pas. Mieux : votre France, je n’en suis pas, je vous la laisse ; gardez-la pour vous et pour les vôtres, faites-en une réserve pour une seule « espèce » de citoyens à l’exclusion de toutes les « racailles » envahissantes que nous sommes nous autres.

Pourtant il m’a fallu du temps pour me sentir membre à part entière de cette belle aventure qu’on nomme France. Déjà par un apprentissage précoce de la langue de Molière depuis ma tendre enfance au fin fond de la campagne marocaine. Ensuite par quarante longues années de vie parmi ce paradoxal peuple de France : aussi généreux qu’inquiétant. Mais aujourd’hui j’en arrive à comprendre les jeunes que vous nommez « racailles » quand ces jeunes sifflaient la Marseillaise. Pourtant à l’époque cela m’avait offusqué. Oui, je n’en peux plus de courir après « votre » France, que vos diatribes estampent de devant moi tel un mirage qui s’éloigne indéfiniment. J’en ai assez de me rapprocher de gens qui sans cesse jettent le doute sur ma « fidélité française » à cause de mes origines et de mes supposées croyances. J’en ai assez de subir l’invective à chaque fois qu’un gouvernement et un président sont en mal de popularité.

Avec l’âge, je ne crois plus guère que le temps règlera les choses sans heurts voire même sans violence, vu que le temps qui passe ne fait qu’aggraver la situation. Alors, autant jouer franc jeu, si j’ose employer ce terme : à partir d’aujourd’hui, je cesse de défendre mon identité française. Peut-être vos ministres xénophobes s’en donneront-ils à cœur-joie et se laisseront aller à plus d’accusations racistes. Peut-être des mouvements extrémistes (des deux bords) vont-ils exploiter cette situation. En vérité, cela m’importe peu dorénavant. Et je vais de ce pas militer pour que nous soyons nombreux à s’octroyer une certaine « objection de conscience identitaire ».

Monsieur le Président, c’en est trop que vos discours et ceux des dirigeants politiques en général distillent impunément et à longueur de médias cette idée venimeuse qu’un fossé infranchissable sépare les bons Français de nous autres les métèques, les « musulmans », les « quand il y en a un ça va... », les « non white », les « gris par mariage », « les qui sifflent la marseillaise », enfin toutes ces hordes et les rejetons de ces hordes qui ont fui les guerres, les dictatures et « toute la misère du monde ». Bref, les impurs voire même les impies d’une France et d’une Europe si radicalement chrétiennes qu’elles ne sauraient accueillir en son sein ces turcs musulmans...

Si ce n’était que politique politicienne, on pourrait se terrer le temps d’une campagne électorale. Mais vos discours renforcent au sein de la population les comportements les plus discriminatoires, une discrimination qui met déjà au banc de la société des pans entiers de la jeunesse « non native », même quand cette jeunesse est diplômée des fleurons de nos universités. Pour nommer les choses telles qu’elles sont, vos méthodes ressemblent à s’y méprendre à quelque stratégie – consciente ou inconsciente - d’apartheid. Et, à mon niveau, j’ai comme le sentiment que vous savez ce que vous faites. Quoi qu’il en soit, tout semble illustrer votre état d’esprit ségrégationniste : votre jeu de petites phrases malsaines ne nous est-il pas en fin de compte destiné : histoire de nous faire comprendre que vous êtes de ceux qui sauront nous mettre au pas le moment venu ? Ne sert-il pas aussi à rassurer les « vôtres » et à les protéger de toute mixité contagieuse ?

Comme ce pays bascule de jour en jour dans le repli, je suppose qu’il n’y a aucune raison que cela s’arrête. Je sais que les nombreuses campagnes électorales à venir seront autant d’occasions de « nous » vexer, de « nous » humilier, de nous classer dans la catégorie « non intégrable » malgré « votre » immense hospitalité française... Eh ben, soit ! Jouons donc ensemble à ce jeu vicieux puisque vous semblez y tenir tant. Mais il vous faudra vous habituer à un changement nécessaire afin que les règles soient moins « injustes » : nous n’accepterons plus dorénavant votre injonction à être français selon votre bon vouloir. Non, vous ne pourrez plus nous sommer d’être ceci ou cela, encore moins sous peine d’excommunication...

Pour ma part, j’affirme ne pas me sentir français quand je vous entends parler des « miens » avec arrogance et mépris. A vrai dire, votre façon d’être français me fait plutôt honte. Non, je ne suis pas de « votre » France, je ne suis pas de cette France frileuse, repliée sur elle-même, de cette France raciste qui pense qu’un jeune français de confession musulmane est un être à part, un être dangereux, asocial. Tout comme hier dans les colonies. Bref, je ne suis pas de cette France chrétienne avec des relents collaborationnistes voire même croisés...

Non, Monsieur le Président, votre France n’est plus la mienne. Gardez-la pour vous et pour les vôtres. Et parquez ceux qui ne partagent pas votre conception de la France, cette France qui hait ses jeunes dont le faciès n’est pas aux normes, cette France qui dresse un mur entre elle et nous autres « dangereux étrangers ». Oui, c’en est fini de nous prêter à ce jeu stupide qui consiste à ce que les plus « méchants » de la classe politique nous insultent et nous vexent pendant que les plus « gentils » nous somment de ne pas crier de peur de réveiller la bête immonde...

Aussi, j’appelle tous ceux qui en ont marre de cet affront à se rebeller, à se révolter. Je leur demande de crier haut et fort qu’ils ne sont plus français, en tout cas pas à la manière de ces racistes qui nous pourrissent la vie par des vexations assassines pour voler quelques voix à l’abject Le Pen... Je demande à tous ceux qui se sentent concernés de se mettre en quelque objection de conscience identitaire.

Éventuellement, nous voudrons bien faire partie d’une autre France si tant est que nos politiques nous en offrent les perspectives, la France des Lumières, de la grande Révolution française, celle de la résistance et celle qui a combattu l’esclavage et le colonialisme. Oui une France qui saurait respecter chaque français, quelle que soit son origine, qui le traite à égalité des droits et des devoirs, sans préjugé et surtout sans cette haineuse discrimination qui agit en écho à la haine qui transparaît jusqu’aux cœur même du pouvoir...

Mustapha Kharmoudi
Ecrivain franco-marocain

Copyright Yabiladi.com


Je vais vous dire mon sentiment sur cette lettre : la déception.

Plus précisément la honte d’avoir déçu.

Déçu parce que je suis français et que des personnes pourraient, a priori, penser que j’adhère à l’infect politique du gouvernement de M. Sarkozy de simple fait de mon appartenance nationale.

C’est insupportable.

A dire vrai, être français ou pas, je m’en fiche un peu ; comme dit la chanson : « Qu’aurais-je fait si j’étais né allemand ? ».

Rien, sans doute, pas plus, ni moins que ce que je fais aujourd’hui, pas plus malheureux et pas moins… mais vous liriez ce blogue en allemand.

Pourquoi précisément m’imaginé-je  en Allemand ?

Parce que, si l’histoire avait été différente (une uchronie ! Voir chronique précédente), j’aurais été allemand.

Mon grand-père paternel en né, en Alsace, en 1916, donc Allemand ; ma grand-mère paternelle est née, en Alsace, en 1917, donc Allemande ; mon grand-père maternel est né, en Moselle, en 1913, donc Allemand.

Vous suivez ? 3 grand-parents sur 4 nés Allemands.

Ce qui fait que, selon les lois allemandes sur la nationalité, je serais de plein droit Allemand… si j’en faisais la demande.

Ces trois grands-parents sont devenus français en 1918… jusqu’en 1939 où mes deux grands-parents paternels sont redevenus Allemands (mon grand-père maternelle n’était plus dans l’Est de la France à ce moment là) pour redevenir Français en 1945, ils ont changé 4 fois de nationalité sans qu’on leur demande leur avis.

Plus cocasse : mon père est né en 1946, donc Français, sa soeur, ma tante, est née en 1944, donc Allemande.

Vous voulez plus drôle (si l’on peut dire) ?

Mon grand-père (Allemand de plein droit en 1939) a été incorporé dans l’armée Allemande et a failli se faire trouer la peau pour un pays qu’il ne considérait pas comme le sien (c’est étrange comme on refuse, aujourd’hui, cette nationalité à certains fils d’Africains qui se sont aussi fait trouer la peau pour un pays qui était le leur à ce moment là. Vous y comprenez quelque chose, vous ?) ; son frère (Allemand lui aussi de plein droit, en principe, en 1939) n’a pas eu la nationalité Allemande parce qu’il était officier de l’armée Française (avant l’armistice) et par conséquent in-incorporable dans l’armée Allemande et qu’il a passé, à ce titre, quelques mois en camp de prisonniers de guerre… Allemand, le camp de prisonniers.

Vous avez suivi ? Non ?

Pourtant j’y arrive très bien.

Avoir des papiers prouvant sa nationalité n’est pas, pour moi, un critère absolu de… de quoi d’ailleurs ?

Si vous relisez votre histoire de France (qu’« on » veut supprimer d’enseigner en terminal, comme c’est bizarre), vous verrez que lorsque la révolution Française a décidé d’accorder la citoyenneté aux juifs et aux nègres des Antilles (pas d’insulte sous ce terme, c’est comme ça qu’ils les appelaient et s’appelaient eux-même), il y a eu certains réactionnaires qui arguèrent qu’il fallait soumettre l’obtention de cette citoyenneté à certains critères de bonne « intégration ».

Au prétexte qu’un Noir n’est… pas très blanc, et qu’un juif n’est… pas très chrétien, par conséquent tous ces gens n’étaient pas, historiquement, très… Français.

Et ne pourront jamais l’être tout à fait, quel que soit les efforts qu’ils pourraient fournir.

Tout cela ne veut rien dire.

C’est idiot.

C’est insultant.

C’est méprisant.

Et l’histoire, qui est ce qui éclaire le présent, nous ressert les mêmes plats frelatés.

Des idées, nauséabondes, datant de 200 ans !

Et  "ils" viennent nous parler de modernisme !

Il faudrait imposer une DLC (date limite de consommation) aux idées, elles ont tendance à se périmer… à moins qu’il ne s’agisse d’une nouvelle tendance écolo : le recyclage des idées pourries.

 

Être Français c’est une idée.

Je me fais une certaine idée de la France (quelqu’un a déjà dit cela, je crois) et quand la France ne colle pas à cette idée, j’ai honte.

Avec M. Sarkozy, ça ne colle pas… pas du tout.

 

Bref, c’est pas tout ça, mais il faut bien, maintenant que j’ai déversé tout mon fiel (je suis d'accord avec vous, j'aurais pû être plus féroce mais je ne suis pas très en forme aujourd'hui), il convient de parler de livres.


Plus précisément d'un auteur que j'idolâtre comme LE représentant parfait de cette forme d'humour très particulière qu'est l'humour Anglais.

Je ne sais si vous y êtes sensible, moi oui.

L'humour Anglais à ceci de particulier que, soit on déteste, soit on n'y comprend rien, soit on vendrait son âme au Prince des Ténèbres pour un peu plus, encore, ho oui, encore, d'humour British.

J'adore ça, ça me fait hurler de rire.

Quand je dit "hurler" ce n'est pas une image, c'est vrai.

Or donc, je veux vous parler de P.G. Wodehouse.


Pelham Grenville est né en 1881 et a vécu 96 ans, comme quoi se bidonner en écrivant (fichtrement bien) des bêtises, ça conserve.

P.G. a écrit plusieurs bouquins (90 !!) dont certains ne sont, hélas, pas traduit en français.

Parmi ceux qui le sont on distingue deux séries : les "Jeeves" et les "Blandings".

Jeeves est le valet d'un petit aristocrate Bertram Wooster, Jeeves est le prototype du valet British : stylé et imperturbable, flegmatique et intelligent, Bertram (Bertie pour les intimes) est un abruti.

Les aventures de Jeeves et de son crétin de patron sont irrésistibles de drôlerie.

L'autre série est celle que je préfère.

"Blandings" décrit les aventures de la famille de Lord Emsworth, une famille d'aristos Anglais parfaitement déjantée, complètement frappée, généralement elles se passent au château de Blandings et elles sont emberlificotées à souhait et foldingues comme c'est pas permit.

Lord Emsworth est mon préféré, il est constamment dans la lune, il ne comprend rien à rien, il n'a que deux passions : son jardin et son cochon.

Ce brave Lord est affublé de soeurs tyranniques, d'un frère immoral et de neveux idiots qui lui empoisonnent la vie avec des histoires de fiançailles et de mariages qui tournent immanquablement à la catastrophe alors qu'il ne rêve que de s'occuper (avec passion) de sa citrouille.

C'est si furieusement drôle qu'il m'est arrivé de faire pipi dans ma culotte et, là encore, ce n'est pas une image, sauf pour la culotte, je porte des boxers en lycra (je vous jure que c'est vrai).

Si vous voulez vraiment vous marrez, prendre une sacré bonne tranche de rigolade, lisez d'urgence P.G. Wodehouse.

En plus c'est magistralement bien écrit et traduit (ce qui est rare).


Quelques titres parmi mes favoris :

"La citrouille a besoin de vous !"

"Le plus beau cochon du monde"

"Bienvenue à Blandings"

"Tous cambrioleurs"


Hélas, hélas, les Éditions 10/18 (excellente maison d'édition de livres de poche au demeurant) n'a pas, je ne sais pourquoi, rééditer les ouvrages en question, ce qui fait qu'il faudra vous tourner vers ces bienfaiteurs de l'humanité que sont les bouquinistes.

Cependant, dès que vous trouvez un exemplaire (même défraîchi) de P.G., achetez le TOUT DE SUITE !

Il y a pénurie et les vrais amateurs se jettent dessus avec l'avidité de la chaude pisse sur le bas clergé Breton.

J'en ai fait l'expérience avec les bouquinistes du ouaibe, l'affaire fut rude mais je l'emportais de haute lutte.


Sur ces bonnes et longues paroles, je vous souhaite de douces lectures, mes petits amis.


Le Maître des Bouviers

dodo dessin

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