Dan Brown et moi.

Publié le par Le maître des Bouviers

Le symbole perdu
Dan Brown
Aux éditions JCLattès
21.76 €

Entre lui et moi, c'est une longue histoire
.
Une histoire palpitante d'armoire normande.
Que je vous explique.
Il y a de cela quelques années, nous eûmes, ma famille et moi, à déplorer la mort de notre tante Léonie.
Vieille dame charmante et quelque peu moustachue qui nous faisait, alors qu'enfant encore je passais quelques jours de vacances chez elle en compagnie des miennes cousines, des goûters de chicorée soluble Leroux et de tartines de saindoux.
À son décès, qui survint à sa cent-deuxième année, nous la pleurâmes, tellement nous étions attachés à elle, mais pas au point de la conserver dans du formol, donc nous l'enterrâmes avec toute la pompe qui sied à ce genre de cérémonie.
Nous fûmes convoqué chez un notaire chenu et ergotant pour l'ouverture de son testament ; j'héritai d'une armoire normande de 650 kg fort laide et bancale.
Quelque peu désargenté à cette époque là de ma vie et disposant d'un appartement plus petit que l'armoire, je demandai à mes parents de cogner cet hideux meuble dans leur garage le temps nécessaire pour me faire une carrière et un compte en banque.
Car je ne voulais, malgré la répugnance que me procurait la vue de cette armoire, me séparer du legs de ma tante Léonie en souvenir des goûters d'antan et des yeux que le saindoux faisait dans la chicorée fumante.
Or donc, quelques placements judicieux, dans les mines d'amiante du Tokin, me permirent de m'offrir un mas provençal où j'aime à passé les quatre mois d'été nécessaires à mon ressourcement annuel.
J'y suis présentement, le feu ronfle dans l'âtre, mes chiens ronflent aussi à mes pieds, le verre de romanée-conti 1961 brille d'un éclat grenat à coté du clavier, le mistral souffle dans la ramure des arbres dénudées.
Dans le salon trône l'armoire normande de la tante Léonie, je me suis fait à sa laideur car elle fait fuir les importuns
L'armoire normande de la tante Léonie est bancale.
Il y a de cela quelque années, aussi, sur les conseils d'une amie qui ne l'est plus depuis, j'achetais et lisais le premier volume de cette désormais trilogie qu'est : "Le da Vinci Code", "Anges et démons" et, maintenant, "Le symbole perdu".
Horreur !
Épouvante !
Que je vous le dise tout de go : cette trilogie est une des pires choses que j'ai jamais lue, exception faite de l'annuaire téléphonique ou le mode d'emploi de ma tondeuse à gazon.
Ce monsieur Brown a une façon bien à lui d'écrire : pas la bonne.
Des chapitres de trois pages. Des rebondissement téléphonés. Des personnages fades et inconsistants. Une syntaxe défaillante. Une exploitation minable des pires mythes populaires. L'ignorance des autres temps que le passé simple ou l'imparfait.
Il faudrait que les écoles d'écriture étasuniennes (d'où sort ce monsieur) enseignassent autres choses pour séduire le lecteur que de le balader aux quatre coins du monde (sans raisons) à 250 à l'heure.
La lecture de ce livre (Le symbole perdu) laisse un sentiment de satiété, mais comme si vous aviez ingurgité un demi-kilo de beurre rance en guise de dîner.

Quel rapport avec l'armoire de la tante Léonie ?
Simple.
Le "Da Vinci Code" cala un pied mais l'armoire était toujours bancale.
"Anges et démons" cala un deuxième pied mais l''armoire était toujours bancale.
Le "Symbole perdu" a calé un troisième pied mais l'armoire est toujours bancale.
Je vais devoir attendre un an ou deux pour que la chère tante Léonie retrouve son assise avec le dernier (j'espère !) opus de ce monsieur, qui n'est écrivain que parce qu'il sait aligner des mots mais n'a point de lettres ni d'esprit.

Si vous voulez vraiment lire un bouquin qui traite d'occultisme, de sectes, de sociétés secrètes et de trésors perdus, je vous recommande, parce que c'est un bon petit livre :

"Le secret de l'abbé Saunières" de Jean-Michel Thibaux, en poche. Chez les bouquinistes en ligne.

Je l'ai lu il y a plus de vingt ans et j'en garde un excellent souvenir.

Le maître des Bouviers.

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