Mardi 31 août 2010 2 31 /08 /Août /2010 10:17

Je ne sais pas vous mais j'ai toujours eu le sentiment d'avoir la certitude de douter.

Pas en politique, ni en philosophie ou encore, plus important, dans le choix de ma boisson de prédilection (j'en suis, je reste, je persiste avec l'obstination du morpion à tête-de-mule à boire cette romanée-conti 1961 qui fait mon délice grand et mon compte en banque petit) mais bien en ce qui tient à ce que les pédants appellent les "relations amoureuses".

T'en foutrais, oui, des "relations amoureuses".

D'abord il n'y en a pas "des" mais bien UNE !

D'autres diraient "rencontre".

Mouais.

Bof aussi.

Je n'ai pas "rencontré", j'ai trouvé.

Comment vous dire, à vous qui vous en fichez et vous avez raison, que je me retrouve dans la position des poètes qui ne sauront jamais, aucuns, depuis toujours et dans toutes les langues du monde, comment dire ?

Je n'ai pas trouvé mieux que de dire : j'ai le doute de ma certitude.

Le doute dans le sens de surprise. Et d'étonnement.

Surprise parce qu'inattendue, involontaire et depuis évidente.

Étonnement parce qu'inespéré, inconnu et... évident.

Dans toutes mes histoires (pas si nombreuse, je vous prie de croire que je ne suis pas un tombeur gominé et finalement crétin de shampouineuses neuro-déficientes) j'ai toujours su qu'il fallait que je doutasse de tout.

Pas de moi ; je sais être parfaitement sincère.

De l'autre ; craindre une mauvaise et définitive réaction à certaines choses qui font de moi un "étrange animal".

Chacun ses défauts bien sûr, ses (rares) qualités aussi mais à force d'être déçu, de décevoir pour de mauvaises et imaginaires raisons, on en vient à mettre le marché dans les mains de l'autre : je suis comme ça, à prendre ou à laisser.

Parfois, souvent, on laissait. On me laissait. J'affectais alors de croire au haussement d'épaules négligeant et moqueur qui me venait. Feindre aussi de croire aux phrases à la con du genre : "Une (ou un) de perdu(e), dix de retrouvés."

Bêtise sans nom puisqu'on ne peut perdre ce qu'on a pas trouvé.

La solution la plus simple ?

Sans doute de croire que le sexe sans engagement d'aucune sorte (y compris clandestin et donc sans enjeu) apportera une réponse.

Pas désagréable au fait. Jamais. Plus ou moins certes mais jamais catastrophique.

A force de cloisonner, de taire, on en vient, au mieux, à jouer un rôle, au pire à dissimuler.

C'est terriblement désagréable de dissimuler pour n'être pas déçu, pour essayer encore, pour voir si ça marchera ; c'est atroce de se surveiller, en paroles, en actes, pour ne pas choquer, pour ne pas déplaire, pour ne pas faire fuir une présence.

Je ne sais plus quel abruti a dit que le couple est une affaire de compromis.

Un âne bâté : quand on fait des compromis sur ce qu'on est, on en vient à se compromettre dans d'autres histoires que celle qui devrait.

C'est très étrange car, finalement, celles et ceux qui voulaient de moi me demandaient de leur mentir pour avoir l'impression de vivre avec un personnage phantasmé qui n'était pas moi.

Et ma saint mère m'a toujours dit que mentir, c'est pas beau !

En somme la vérité, la mienne, faisait fuir. Les gens veulent-ils donc qu'on leur mente ?

C'est bien possible. C'est dommage.

Alors...

 

C'est vrai d'ailleurs : alors ?

Alors : paf !

Paf comme "paf dans la gueule !" que peut faire une discussion nocturne sur le ouaibe et sur un site sur lequel je dis d'autres bêtises qu'ici.

Paf comme l'évidence qui frappe, comme l'aveu de l'attirance (parlerais-je d'amour ? Oui !), comme le désir de se voir, comme : "oui, tout de suite, maintenant, TGV, 1000 km, impatience et certitude... sans doutes."

Des projets ? Même pas. S'en fiche. On verra. Ce sera bien de toute façon.

Des compromis ? Non, non, non ! Enfin. Un peu moins de romanée-conti 1961 probablement mais pas plus que ça.

Devenir cucu-la praline ? Bin... un peu quand même !

Aimer les mêmes choses ? Oui, parce que c'est vrai sauf ce détestable Paris et peut-être d'autres petites choses sans importances comme... ce détestable Paris.

Avoir les même goûts ? Brent et Angie (presque Angie... pas tout à fait Angie).


Et le cadeau d'un rire.

 

Voilà, tout ça pour vous dire que la Garonne limoneuse scintillait d'or couchant alors que le train passait sur le pont l'enjambant et que je pensais à elle.

Que j'aurais aimer laisser couler dans ce modeste fleuve (parce que le Rhin est orgueilleux !) les regrets et les remords.

Regrets de partir et remords de le faire mais ils portent en eux la certitude et la promesse, alors je les garde.

Tiens ! Je ne lui ai pas dit combien j'aime les trains. Détestai-je celui-là ? Même pas, il allait juste dans la mauvaise direction... qui sera la bonne si elle vient... ou pas... en train, je veux dire.

Chic alors ! Je l'aime !

 

"C'est une étrange chose à la fin que le monde"

Jean Lefebvre d'Ormesson (de l'Académie Française)

Éditions Robert Laffont

21 €

Durée de lecture : une nuit

 

Que voulez-vous que je vous dise ?

Comme à chaque fois avec Jeannot (Oui, je l'appelle Jeannot. Nous nous connaissons depuis tellement longtemps que je me permets cette privauté.) je me fais avoir.

Pas que ce soit un mauvais écrivain. Pas du tout. Il fait partie de ces écrivains moyens qui ne laisseront pas dans l'histoire de la littérature un souvenir impérissable.

Tout juste un nom sur la liste des académiciens de quelque et modeste renommée.

Et ce n'est pas moi qui le dis, c'est lui-même.

Cela dit est-ce que ses bouquins et celui-là en particulier sont bien écrits ?

Oui.

Il serait d'ailleurs étonnants qu'il en fût autrement, il est quand même académicien français...

Quoiqu'il me soit arrivé de lire des choses épouvantables de la part d'une ou deux de ces vielles badernes.

Est-ce qu'il y a un "style Jeannot" ?

Mmmmoui ! Tout juste. Nous ne sommes manifestement plus aux temps de "La gloire de l'Empire" ni même de son roman phare "Au plaisir de Dieu" mais il reste quelque chose de ce plaisir évident dans l'écriture, de ce bonheur de raconter des histoires.

Bien que ce bouquin soit intitulé "roman", il reste que c'est plus une sorte de compilation des obsessions de Jeannot (Dieu, métaphysique, bouddhisme, passage du temps, etc.) écrite dans une langue plaisante comme une agréable berceuse.

Est-ce que c'est un "grand Jeannot" ?

Non.

Non parce que c'est le même que le précédent... et que le précédent... et que le précédent.

Le précédent d'ailleurs (je ne me souviens plus de son titre... pas grave, c'est le même bouquin) offrait un intérêt puisqu'il commençait l'ébauche d'un début de critique (un petit peu acide et sans complaisance) de Chateaubriand et même qu'il commençait aussi de trouver quelques qualités à Talleyrand.

Bon !

Avec tout ça, faut-il lire ce livre ?

Mais oui, voyons !

Parce que Jeannot est comme le vieil oncle que l'on va voir dans sa campagne un fois l'an et qui, une fois l'an, nous raconte les mêmes histoires que l'on connaît tous par coeur.

Quand on referme le livre on se dit, comme pour le vieil oncle, que Jeannot est un peu gâteux, qu'il radote mais qu'on a eu plaisir à le voir... et qu'on a plaisir de partir.

Jusqu'à l'année prochaine.

L'année prochaine où il sortira le même livre et où moi je ferais un copié-collé de cette critique.


 

"Voyage présidentiel"

Pierre-Jean Rémy (de l'Académie Française)

Éditions Seuil

21 €

Durée de lecture : 2 jours

 

Un autre académicien.

Je n'ai pas fait exprès, c'est venu comme ça.

Que je vous le dise tout de suite : il y a un peu plus de relief dans ce livre que dans celui de Jeannot.

L'effet de surprise sans doute et l'originalité de l'histoire : un ex-président de la République, vieux et malade, entreprend de faire un (dernier ?) voyage, celui qu'a fait la croisière jaune Citroën.

Durant ce voyage à travers l'Orient et jusqu'à Pékin il dictera ses impressions, dira ses souvenirs, ses regrets et ses fiertés.

Le ton est très... mitterrandien. Et pour cause : dès les premières phrases on retrouve le ton qu'avait Mitterrand pour assassiner d'un mot un fâcheux ou un ridicule.

Pas tout à fait d'ailleurs puisque je n'imagine pas François Mitterrand dire "Basta !".

Mais enfin, ne boudons pas notre plaisir car c'est réussi. L'usage de pseudonymes n'est pas gênant, on abandonne très vite le rapport qu'il peut y avoir entre un ministre de la culture qui s'appelle "Bling" et un autre... un vrai.

On se retrouve alors dans ce 4 x 4 présidentiel qui sillonne les routes d'Irak, d'Afganistan et de Chine autour duquel gravitte ce qui reste de courtisans qui ont profité de l'aura d'un président de la République Française et qui ne souhaitent qu'une chose : qu'enfin il leur fiche la paix et meure.

Bin, non. Il va les faire braire jusqu'au bout. Le bout du livre en tout cas n'est pas une fin, mais je ne vous en dirais rien.

C'est délicieux comme du Mitterrand : acide, amère (parfois), furieusement intelligent, de mauvaise foi, d'une culture folle et d'une allure princière.

J'ai toujours considéré François Mitterrand comme un prince italien, le bouquin de l'académicien en fait la preuve.

 

"Histoire du snobisme"

Frédéric Rouvillois

Éditions Champs Histoire (Flammarion)

10 €

Durée de lecture : 2 semaines

 

Vous pourriez vous demander : "Mais pourquoi Diable, Lucifer, Astaroth, Asmodée, le Maître des Bouviers lit-il des incongruités pareilles ?"

Parce que, vous dirais-je alors, la collection "Champs" chez Flammarion est sacrement bien fichue, qu'elle traite de sujets aussi passionnants qu'improbables comme "L'invention du mètre" (Vous en aurais-je parlé ? Peut-être bien.) et qu'on arrive pas à lâcher le sujet.

Il faut cependant lire ces petits bouquins (pas si petits d'ailleurs, il y a quand même presque 500 pages) par morceaux, petit à petit, pour en savourer toute la moelle délicieuse.

Le bouquin en question traite donc du snobisme depuis l'Ancien Régime jusqu'à nos jours et c'est très amusant et on apprend plein de choses. Par exemple le snobisme à la particule qu'on croit nobiliaire, ce qui n'est évidement pas le cas : il y a des familles nobles et multi-séculaires qui ne portent pas de particule et d'autres qui en portent et qui sont nobles comme le dernier des pouilleux (un ancien président de la République par exemple).

Je suis, bien sûr, dans le premier cas, qu'est-ce que vous croyez !?

Il y a d'autres formes de snobisme qui apparaissent au fil du temps comme le snobisme aux décorations par exemple, ou les clubs, etc.

Le plus amusant c'est qu'on se moque de ces "précieuses ridicules" quand, soudain, au détour d'une page, on se reconnaît.

C'est très savoureux et je me pose la question : l'auteur n'est-il pas le pire des snobs d'avoir écrit une histoire du snobisme et feindre de s'en moquer ?

Peut-être bien.

A lire en tout cas.

 

"Les contes de crimes"

Pierre Dubois

Éditions Folio poche

6,50 €

Durée de lecture : 2 heures

 

A ne pas lire aux enfants.

Même si ces contes nous parlent de Cendrillon, de la Belle au bois dormant, de Peter Pan, ou du Petit Chaperon Rouge.

Parce que Cendrillon est une dangereuse obsédée sexuelle, la Belle subit les pires sévices de la part du Prince Charmant, Peter Pan un tueur parfait et le Chaperon Rouge une gamine sanguinaire.

C'est féroce, c'est grinçant, c'est du polar gore chez Oui-oui et c'est furieusement drôle.

Ce n'est absolument pas politiquement correct et Shreek est une aimable bluette à diffuser dans les patronages intégristes.

C'est du Tex Avery sous amphétamines et sans tabous. Le contraste est réjouissant entre ces personnages de Walt Disney et ce qui leur arrive : meurtres, délires sado-maso, sévices sexuels et j'en passe.

J'ai toujours cru que les contes pour enfants avaient une violence contenue, ce qui est vrai, mais avec une utilité catharsique puisqu'un enfant qui a peur dans un conte apprend à gérer sa peur dans le réel. C'est utile.

Ce bouquin ne sert à rien sinon à se foutre de la tronche de ce qu'on considère aujourd'hui comme des niaiseries pour les mômes, mais aussi à se fiche de nous même.

Est-ce du mauvais esprit ?

Oui.

Est-ce horrible et choquant ?

Oui. Et c'est ça qui est bon !

J'aime bien les auteurs qui ne respectent rien, qui osent des horreurs avec ce second degré si nécessaire à nos sociétés où tout est prit (trop) au sérieux.

Il ne manque que deux personnages à cette galerie de la Cour des Miracles version Royaume Enchanté : le Père Noël et Jésus. Le Père Noël en pédophile sanglant et Jésus en avocat véreux, la galerie eût été complète.

A lire... pour ceux qui n'ont peur de rien.

 

"Dictionnaire des mots du sexe"

Agnès Pierron

Éditions Balland

35 €

Durée de lecture : une vie

 

Oui, hé, ho !

Ça va, hein !!

Oui, je suis un affreux libidineux, gras et podagre, baignant dans le marécage fangeux du stupre débridé.

C'est une affaire entendu : je suis un obsédé sexuel.

Et alors ?

Cependant...

Si vous ne deviez avoir qu'un seul dictionnaire chez vous (en plus du Larrousse et du Petit Robert (On se demande ce qu'ils peuvent bien faire ensemble d'ailleurs ? Et ce que ce petit Robert peut bien faire de ceux de cette rousse ?)) ce serait bien celui-là.

Il y a des dictionnaires pour tout et rien, des plus utiles aux plus idiots, et, bizarrement, rien sur le sexe.

C'est chose faites avec cette somme, ce monument, cette péninsule de savoir.

C'est simple, il y a tout.

Tout ce qu'on peut dire sur le sexe ; la chose, l'endroit, l'usage qu'on en fait.

Des simples mots jusqu'aux expressions, comme : se taquiner le hanneton, la salle jeu, faire le chapeau du commissaire, passer à l'étamine, avoir une poussière dans la flute, une descente à la cave, s'accrocher au lustre...

Vous ne savez pas, pauvres ignorants, ce que ça veut dire ? Investissez 35 € et jouissez, votre vie durant, d'un savoir à nul autre pareil.
Vous éblouirez le Nonce et sa Noncette lorsqu'ils viendront prendre le thé.

Je décrète qu'il faut, de toute urgence, décorez Mme Pierron de la Grand Croix de la Légion d'Honneur.

Cette admirable femme sauve l'esprit gaulois et la gloire française d'une décadence autrement inéluctable, nous n'étions plus qu'une nation de second rang (troisième même, peut-être), nous revoilà au firmament de la puissance d'évocation guerrière dans les combats de l'amour (des combats où il faut parfois perdre pour gagner), nous accédons derechef à cette orgueil millénaire qui sauve les plus glorieuses civilisations : la fesse, nous stupéfions à nouveau le monde et l'univers par le cul !

Et c'est tant mieux parce que les pisses-froid et les coincés du derrière veulent diriger le monde, qui ne deviendrait, sans nous, qu'un vaste champ de ruine des sensations délicieuses (et gratuites !).

Mais nous saurons, ce livre en bouclier, nos... heu... machins à la main (pour les hommes), la poitrine orgueilleuse et conquérante fièrement dressée contre les hordes barbares (pour les femmes), bouter les fielleux hors des frontières du plaisir sans fin et consenti.

Achetez ce dictionnaire et vous sauverez le monde !

 

 

Belles et bonne lectures

 

Le Maître des Bouviers

 

kestuveu dessin

 

Par Le maître des Bouviers
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Samedi 28 août 2010 6 28 /08 /Août /2010 09:35

Beaucoup m'ont demandé : "Mais, ô sublime et sémillant Maïtre des Bouviers, comment dormez-vous ?"

Je consens à répondre, prenez cependant garde, je ne voudrais pas que vos yeux se désorbitassent.

Me voici donc au saut du lit, le chambranle de la porte me sert d'appui... la romanée-conti 1961 provoque parfois certains effets déroutants au réveil qui m'obligent de réviser mon sens de l'équilibre.

Cette photo est aussi un présent à une amie du ouaibe... une amie qui est Bernoise d'origine et qui, donc, fait partie de ce que l'humanité glorieuse a produit de meilleur.

Que dis-je ?!

Les enfants nés dans ce sublime canton apparaissent au monde braillants l'orgueuil millénaire des Bernois (et Bernoises).

Bravo Ellena !

 

Dudu-en-Berne.JPG

Par Le maître des Bouviers
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Dimanche 20 juin 2010 7 20 /06 /Juin /2010 11:24

La rumeur vous est sûrement parvenue, comme à moi, hélas.

Il y a une compétition de fouteballe ces jourd'huis en Afrique du Sud.

Que je vous le dise tout de suite, mes chers et délicieux amis, précieuses et succulentes amies...

je m'en contrefiche le coquillard sur la commode !

 

Et ça va un peu plus loin encore (je sens que je vais me faire lyncher) : je déteste le fouteballe, je vomis le fouteballe, j'honnis le fouteballe, j'exècre le fouteballe et, en plus, ça m'énerve.

 

Je pourrais avoir une approche matérialiste de la chose (chose étant un mot particulièrement bien choisi, comme machin, truc ou bidule) et vous dire que le fouteballe ne sert à rien.

Comme la religion, les ministres (l'hyper-président ?) ou la prostate.

Mais ce serait trop facile parce je ne pourrai pas écrire des horreurs, des gros mots et d'autres imprécations vilipendatrices.

Or donc, les foules en délires se sont enflammées pour cette compétition et pour cette équipe de France qui allait, à les en croire, remporter un saladier à sangria et accessoirement sauver la France, le monde et l'univers.

Pffff ! T'en fiche, oui !

Je ne sais pas vous mais je considère que, tant qu'à choisir un (ou des) sauveur, autant prendre quelqu'un ne souffrant pas de microcéphalie, de surestimation du moi et d'hypertrophie du compte en banque (anonyme et en Suisse ?) comme ce fût le cas quand l'inexistant ravi de la crèche (de Nazareth) nous sauva (prétendument) des affreux péchés qui nous accablaient l'âme mais qui sont diablement bons quand même, comme le demi-dieu Hercule (celui qui rit quand... ), comme Superman qui reste un peu couillon quand même puisqu'il rame comme un malheureux pour coucher avec sa collègue de bureau (Loïs Lane je crois) sans doute parce qu'il met son slip SUR son pantalon et que les filles détestent ça.

 

Bref et dans l'ordre :

L'argent.

Ces garçons gagnent des milliasses de bon argent, des mïons et des mïons, et cela commence de faire scandale, surtout en regard des résultats.

Je ne vais pas en rajouter une couche parce que cette aspect du fouteballe ne fera pas partie de ma diatribe.

Ils gagnent plein de sous.

C'est bien et je m'en fiche.

Je vais même vous dire qu'ils pourraient en gagner dix fois plus que je n'en pisserais pas plus roide.

Entendons-nous bien, il ne s'agit pas de mon argent même si je sais que M. Bouygues espère un retour sur investissement de ce qu'il a payé en droits de retransmission en faisant payer des annonceurs pour qu'il nous accablent de leurs stupidités publicitaires (temps de cerveau disponible, vous vous souvenez ?), prix des pubs qui se retrouvent, bien sûr, dans ce que je paye quand j'ai le malheur d'acheter un de ses produits là.

Du savon liquide par exemple.

Il me suffit cependant de ne pas acheter de ces produits là, ceux estampillés fouteballe, et de ne pas regarder TF1 (ce que je fais quotidiennement avec une satisfaction très satisfaite) pour avoir le sentiment qu'il ne s'agit pas de mon argent.

C'est un peu illusoire mais ça me suffit.

Ce qui m'agace dans le rapport du fouteballe avec l'argent c'est qu'ils (ceux qui accumulent des fortunes grâce à ça) considèrent leurs mirobolants revenus comme un dû, qu'ils méprisent ceux qui les adulent et leur donnent cet argent là (supporters et autres aficionados) et, surtout, qu'ils expliquent ces sommes folles parce que s'ils ne les avaient pas "ils partiraient à l'étranger et le fouteballe français serait moins bon".

Mais qu'ils partent donc !

L'argument est absolument fallacieux, inepte, et ceux qui osent l'avancer nous prennent pour des abrutis.

Comme pour les tradeurs fous qui nous ont coûté des mïards et des mïards : ils reçoivent des bonus (et jamais de malus !) qui récompensent leur talent qui pourrait s'exercer ailleurs s'ils n'avaient cette carotte.

Mais qu'ils y aillent donc à la Citi ou à Oualleusrite !

Je m'en balance et m'en porterait sans doute mieux.

Le plus scandaleux c'est que le fouteballe, de sport populaire, est devenu un jeu de milliardaires admiré par des smicards.

Et ça me fait bouillir le sang et rend mes humeurs très, très atrabiles.

Conscience de classe si vous voulez, néanmoins si je travaillais pour M. Bouygues, par exemple, je ne l'admirerais pas pour ce qu'il gagne (que ce soit justifié ou pas), j'aurais, je pense, plutôt tendance à le détester pour ça.

Est-ce vraiment si politiquement incorrect de dire que l'on déteste les riches et que l'on préfère défendre les pauvres ?

Tout l'inverse d'ailleurs de ce que font les fouteballeurs.

 

Religion.

Ben, oui. Religion en sous-titre.

Parce qu'il s'agit bien de cela.

Remarquez, je vous prie, le terme utilisé par les journalistes sportifs (contradiction dans les termes) à l'occasion de cette coupe : "la grand-messe du fouteballe".

Ils ont raison pour une fois même si c'est pour célébrer la chose.

Le fouteballe a tous les attributs de la splendeur chrétienne, la croyance en plus.

Et c'est même une religion d'état puisque les ministres nous disent : "Il faut que les Français soutiennent l'équipe de France". Dixit un ministre quelconque entendu sur France Inter il y aquelque jours.

Je vous demande un peu : "Il faut" !

Sous peine de quoi ? L'excommunication du statut de Français ? La lapidation en place publique ? Le bannissement à l'île du Diable ? Pire, être obligé de s'injecter les millions de doses de vaccin de la grippe Hachanana qui sont en train de pourrir ?

Quand j'entends ça, il me vient à l'esprit des tas de mots qui commencent par S, ou par C, ou encore par A mais je ne les écrirai pas parce que je suis un garçon bien élevé.

Néanmoins la fureur me gagne quand je m'attire des regards au mieux interrogatifs, au pire indignés, quand j'ose affirmer mon absolu désintérêt du fouteballe.

Et quand j'en fais la critique, comme ici, je me croirais revenu aux temps bénis de l'inquisition Espagnole.

Encore heureux que la loi, et les forces de police, me protègent de la vindicte des fidèles qui n'hésiteraient pas de m'envoyer tout botté au bûcher pour que j'y sois purifié de mon hérésie par les flammes.

T'en foutrais, oui !

 

Je rêve d'ailleurs d'une chose : m'inviter sournoisement dans un match de fouteballe de cette coupe du monde et lâcher les deux Bouviers sur le terrain pour qu'elles y fassent un carnage à grands coups de coupantes canines.

J'aurais alors un rire sardonique qui me paierait des avanies que me font subir ces abrutis par ce tapage médiatique obscène.

Je viens à l'instant même d'entendre sur Inter ce que vient de dire un de ces joueurs à propos des "malheurs" qui accablent cette équipe de France : "L'équipe de France souffre, c'est donc toute la France qui souffre".

Mais pour qui se prend-il donc pour faire parler mon pays de la sorte ?

La France qui souffre, mon ami, ce n'est pas celle qui tape dans une baballe pour un million d'euros par mois.

Et cette fois-ci je le dis : Connard !!

 

Parfois je suis influencé par quelque émission de radio dans l'achat de mes bouquins.

Au rebours aussi de mon envie de lire la production d'un auteur en entendant sa prestation radiophonique.

Il ne faut cependant pas en vouloir aux écrivains de n'être pas bon à la radio, ils (ou elles) sont conçus pour écrire pas pour parler dans le poste.

En d'autres termes c'est la curiosité qui me pousse en dépit de tout.

 

"Police, mon amour"

Bénédicte Desforges

Éditions Anne Carrière

18 €

Durée de lecture : 2-3 heures

 

Comme je le vous disais en prolégomènes, voilà un sujet de bouquin qui aurait pu me laisser indifférent.

Les histoires de police ne m'intéresse pas, les policiers non plus sauf s'ils s'appellent Lestrade ou Inspecteur Japp et qu'ils sont par conséquent très compétents mais cependant un peu cucu-la-praline... comparés à Sherlock Holmes et Hercule Poirot bien sûr.

L'Inspecteur Ganimard cependant est intéressant dans la mesure où il se fait systématiquement ridiculiser par Arsène Lupin.

Les récits autobiographiques dans le genre "portrait sans complaisance et réaliste de la société d'aujourd'hui que c'est terrible, ma bonne dame, rendez-vous compte !" me font parfaitement chier.

La plupart du temps (presque toujours) c'est d'un ennui mortel et ça ne m'apprend rien.

Surtout les histoires de police et (par conséquent) de délinquance, j'ai toujours l'impression de lire un reportage de TF1 fait pour me faire peur.

Et je n'aime pas avoir peur contrairement à une majorité, semble-t-il, de Français qui se complaît dans ce sentiment à l'exemple d'un mien voisin qui a dépensé 15 000 euros en portes et fenêtres blindées à la suite d'un cambriolage où les malfaiteurs lui avaient dérobés des bijoux d'une valeur de 200 ou 300 euros.

Il faut dire qu'il est suprèmement idiot puisqu'il n'aime pas les chiens qui restent les meilleurs systèmes d'alarme et de défense qui soient, surtout les Bouviers.

Bref, rien ne me poussait d'aimer ce bouquin, ni son titre (assez commun, il faut bien dire), ni son auteur (une ex-lieutenant de police), ni les rapports que j'entretiens avec la police (aussi éloignés que possible), ni encore les reflexions que m'arrachent la politique sécuritaire et délirante de notre hyper-président.

Mais...

Ben, oui, si je vous en parle c'est qu'il y a un mais.

Mais, donc, la forme d'abord est plaisante, l'écriture est à l'image de l'auteur (à ce qu'il m'a semblé en l'écoutant sur Inter) : nette, précise, sans bavures (Oh, hé, ca va, hein ! Fallait bien que je la fasse, celle-là).

Sous forme de chroniques assez courtes (recueil des chroniques d'un blogue ?) Mme Desforges nous dépeint son parcours dans la police et l'on se surprend à s'attacher à ce qu'il lui arrive.

Son réel talent (autre que celui d'écrire, qui surprend au détour d'un chapitre en nous offrant un petit morceau de poésie (oui, oui !) assez noire et désabusée cependant) est de nous epargner le pathos larmoyant qui consiste à bien nous faire comprendre que les flics sont "aussi des êtres humains avec un coeur qui bat".

Il s'agit de nous faire vivre les situations qu'un policier peut être amené à vivre, des plus tragiques (le chapitre où un cycliste s'est enroulé autour de l'essieu d'un camion est insupportable) aux plus cocasses (faction au bord d'une route, sous la pluie, en attente du cortège présidentiel qui ne passera pas), en passant par les plus drôles (les justifications des automobilistes lorsqu'ils sont verbalisés).

On se rend compte enfin qu'il faut une bonne dose de philosophie pour être flic, ou de détachement.

L'ex-Lieutenant n'hésite d'ailleurs pas à dresser la portrait du flic con ou haineux et aigri.

Un bon bouquin somme toute mais qui n'emporte pas plus de sympathie envers nos forces de l'ordre.

Hélas, d'ailleurs.

Parce que pour une fliquette pleine d'empathie pour nous, qui sommes parfois complètement idiots quand nous commettons une infraction, il y a les autres policiers qui en sont dépourvus (à leur corps défendant ?) et qui sont l'incarnation d'une politique imbécile qui cherche à nous pousser à la faute, à entretenir un climat d'angoisse permanente (dans un but électoral, tout le monde le sait) et à déshumaniser des fonctionnaires qui devraient, plus que tout autres, être les plus proches de la population.

C'est un livre un peu triste parce qu'il ne donne pas grand espoir pour que les Français cessent d'avoir peur de leur police.

A lire cependant quand le spleen vous tient et que vous ne savez pas pourquoi, ça relativisera vos états d'âme et parce que c'est bien écrit, la preuve puisque je l'ai lu d'une traite.

 

"Darwinia"

Robert Charles Wilson

En poche aux éditions Folio SF

8,70 €

Durée de lecture : 1 ou 2 jours

 

J'avais déjà lu des ouvrages de ce monsieur (Les chronolithes ; Spin) et je n'avais pas été emballé.

Parce que dans ses précédentes oeuvres, M. Wilson souffrait de ce défaut de beaucoup d'écrivains de SF : supposer que le lecteur en sait autant qu'eux alors ils négligent d'expliquer certaines choses ; nous devons alors les deviner sans être pour autant sûrs de les avoir bien comprises.

Et c'est énervant.

C'est donc avec beaucoup de réticence que j'ouvrai ce livre, je me promettais aussi de le bannir dans les tréfonds de ma cave si quelque chose m'échappait.

Ce n'est pas arrivé, tant mieux.

Sans doute parce qu'il s'agit d'une uchronie, que j'aime bien ça et que le contexte est connu puisqu'il s'agit de l'Histoire qu'on nous enseigne à l'école.

Pour peu que vous n'ayez point oublier vos cours d'Histoire du début du siècle dernier (période Première Guerre Mondiale) vous vous en sortirez très bien.

La trame : en 1912 l'Europe et un bout de l'Angleterre disparaissent mystérieusement et sont remplacés par un continent à la flore et à la faune inconnues.

Un jeune Anglais (évidement !) décide d'explorer ce nouveau continent et de résoudre l'énigme de son apparition.

S'ensuit les aventures qui arrivent à cette expédition.

C'est plaisant parce que l'écriture est vive et serrée, sans longueurs excessives, ce qui n'était pas gagné pour ce genre de récit qui demande beaucoup de descriptions.

On songe même parfois que l'auteur à actualiser avec talent ces récits des explorateurs de la fin du XIXème qui partaient à la découverte de l'Afrique comme un Dr Livingstone ou un Stanley.

De la vrai bonne et très décalée uchronie comme je les aime.

A lire donc.

 

"Bienvenue en Otopia"

Justina Robson

Éditions Milady

8 €

Durée de lecture : 3 jours

 

Parfois, encore, je choisis un bouquin pour de mauvaises raisons.

Celui-là je l'ai choisi pour la pire : la couverture me plaisait.

Il faut dire qu'elle avait tout pour me plaire puisqu'elle représente l'héroïne du bouquin (Lila Black) et que je n'ai jamais pu résister à une jeune femme aux cheveux courts et rousse (et bien foutue).

C'est comme ça. Une sorte d'idéal féminin.

Pour le reste, Lila Black, l'héroïne donc, vit dans un monde futur (proche) ayant subi une catastrophe quantique qui a "ouvert" des voies vers d'autres mondes.

Le monde des elfes, celui des fées, celui des démons et celui des morts.

Vous suivez ? On croit lire un bouquin de SF et pas du tout, c'est de la fantasy.

Je ne vous cache pas que les premières pages sont un peu ardues, mais on se fait assez vite à la situation.

Surtout que Justina Robson ne s'embarrasse pas de descriptions précises et exhaustives en début de bouquin, on rentre tout de suite (presque) dans le vif de l'action.

Au fil de la lecture on arrive à comprendre tout le reste.

On s'attache aussi au personnage et a ce qui lui arrive, notamment pourquoi elle est plus qu'a moitié bionique (améliorée comme "l'Homme qui valait trois milliards"), qu'elle travaille pour une agence type CIA, qu'elle est doté d'une Intelligence Artificielle directement implantée dans le cerveau et qu'elle est, malgré ses membres artificielles, très sexy.

Précisément pour ça, peut-être.

Un petit défaut cependant : l'usage de l'imparfait et du passé simple un peu cavalier.

Presque rien cependant puisque on reste bien scotché par l'histoire, qui est rebondissante et fouillée, logique et entraînante.

Pas trop de contenu psychologique ni de considérations sociales ou morales et c'est tant mieux parce que les auteurs qui veulent faire passer un "message" dans de la fantasy se trompe souvent de support, ou alors il faut s'appeler Tolkien.

Un vrai bon roman d'aventures dans le style fantasy technologique.

 

Belles et bonnes lectures.

 

Le Maître des Bouviers

 

kestuveu dessin

Par Le maître des Bouviers
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Samedi 19 juin 2010 6 19 /06 /Juin /2010 23:34

J'avais fait une promesse, il y a quelque temps, qui était de citer in extenso un texte qui me fît intensément penser.

Hélas, hélas, quelques difficultés d'ordre technique m'en ont empêché.

Nonobsant et avec retard, le voici.

Il est l'oeuvre d'un collectif qui pense et je ne suis pas loin de penser de même.

Site d'origine : link

Revendications antisexistes

Il y a quelques années un groupe de travail dont certains commentateurs/trices du blog faisaient partie, avait posé la base de revendications antisexistes.
A l’époque on avait envoyé ce texte à nos députés ; en pure perte, vous l’imaginez.
Avec les réseaux sociaux, il me semble que, si l’on s’attelle collectivement à diffuser ces revendications, on peut avoir davantage de succès.
Je vous propose donc de diffuser ce texte sur votre blog, facebook, twitter, bref ce que vous voulez. Vous mettez ou non un lien vers ce blog ; je vous demande juste, si vous décidez, parce que certaines revendications ne vous conviennent pas, de les ôter, d’alors faire un lien vers ce billet qui comprend l’ensemble des revendications.

Le sexisme est la discrimination d’un sexe sur l’autre. Le féminisme veut que cessent les discriminations à l’égard des femmes et, les études féministes s’orientant de plus en plus vers l’antisexisme, nous avons été amenés à étudier également les discriminations subies par les hommes, car elles découlent du même principe.

En matière de sexisme, l’essentialisme repose sur l’idée que la sexuation des humains devrait se traduire par une différence de statut et de traitement entre deux classes de sexe, avec en arrière-plan l’idée d’une complémentarité dans la différence qui trouverait sa pleine actualisation dans le couple hétéronormé.

Nous rejetons l’essentialisme, en ce qu’il :
- constitue le noyau dur du système sexiste contre lequel nous luttons
- nie l’existence des personnes intersexuées et transgenres
- freine la liberté des individus à concevoir leur identité en dehors de cadres sexués normatifs


 

Les principales revendications féministes sont les suivantes :

LUTTE CONTRE L’ESSENTIALISME ET LES STEREOTYPES DE GENRE

- Lutter contre les stéréotypes de genre dans l’éducation, l’enseignement, les médias, les jouets.
- Mise en place de campagnes pour valoriser le partage des tâches ménagères.
- Les échographies doivent juste servir à détecter d’éventuelles maladies et non plus le sexe de l’enfant ; sa connaissance favorisant l’essentialisme.

LOIS

- Promulgation d’une loi anti-sexiste équivalente à la loi anti-raciste
- Le terme de proxénétisme doit être redéfini afin de ne pas y inclure les éventuels compagnons et compagnes d’une personne prostituée. Les peines contre le proxénétisme doivent être renforcées et les crimes supplémentaires que peuvent commettre les proxénètes (coups et blessures, viols …) doivent être jugés séparément.

DEPENALISATION

- Abrogation des lois pénalisant le travestissement (dont le port du pantalon pour les femmes).
- Abrogation des lois sur le racolage passif et actif.

TRAVAIL

- Egalité stricte des salaires avec obligation pour les entreprises de rendre public un bilan détaillant les salaires, les promotions et les formations par sexe.
- Concernant l’égalité salariale, une femme estimant être victime de sexisme pourrait demander au tribunal qu’il examine un compte rendu des salaires lequel pourrait être utilisé comme preuve du caractère sexiste de la discrimination ; de même, qu’une personne s’estimant victime de racisme, d’âgisme, etc.
- Suppression de l’interdiction empêchant les femmes d’exercer certaines professions (dans l’armée par exemple).
- Application des mêmes critères de recrutement en ce qui concerne les hommes et les femmes (ex : épreuves sportives pour certains corps de métier).

EDUCATION

- L’éducation doit être identique pour les filles et les garçons et doit promouvoir l’épanouissement de l’enfant indépendamment de son sexe.
- les professions en rapport avec l’enfance doivent être formées au concept d’anti sexisme.
- L’éducation scolaire doit promouvoir le rôle des femmes dans l’Histoire et la littérature.
- Les images dans les manuels scolaires montrant les femmes sous un aspect dévalorisant ou entretenant un stéréotype sexiste doivent être supprimées ; sauf dans les cours d’Histoire où ces stéréotypes peuvent être utiles à l’étude de l’Histoire (comme on peut montrer des caricatures de juifs des années 30 pour illustrer l’antisémitisme).
- L’éducation sexuelle doit devenir obligatoire dés le collège et enseignée par des professionnels, des associations, des médecins et des psychologues.
- Cette éducation sexuelle doit être une éducation sexuelle non hétéronormée. Elle doit également traiter à égalité des diverses orientations et pratiques sexuelles, sans chercher à les hiérarchiser au motif d’un jugement moral, religieux ou d’une analyse visant à démontrer un supposé caractère pathologique.

CORPS

- Interdiction de toute forme de mutilation sexuelle sur les mineurs : excision, infibulation, circoncision, réassignation sexuelle d’enfants intersexués.
- De campagnes de sensibilisation et des sanctions adéquates doivent être mises en place pour assurer l’effectivité de cette interdiction.
- Les techniques permettant de reconstruire les organes sexuels des femmes excisées et des intersexués mutilés doivent être remboursées par la sécurité sociale.

SEXUALITE

- Chaque être humain doit avoir le droit de choisir et de pratiquer la sexualité qui lui convient, dans le respect de la sexualité et du consentement d’autrui, toute sexualité entre adultes consentants relevant strictement du domaine de la vie privée.
- Tout acte de discrimination sexiste, en parole, écrit ou acte, visant à limiter l’exercice librement consenti de sa sexualité, soit directement (contrainte ou interdiction) soit indirectement (doctrine prônant ou valorisant la virginité, l’abstinence hors mariage par obligation morale ou religieuse) doit être considéré/condamné a minima comme incitation au sexisme et entrave au droit à la liberté de choix sexuel.
- Commettre un acte attentatoire à une personne (violence, séquestration, meurtre, “crimes d’honneur”…) au motif du non respect d’une obligation morale, religieuse ou sociale limitant le droit à la sexualité (”perte de virginité”, relation hors mariage, relation entre personnes de confession religieuse différente …) doit relever pénalement du délit ou crime commis avec circonstances aggravantes par la nature sexiste de l’acte.
- La virginité relève de la vie privée et de l’intimité de chaque personne. La virginité, en particulier des femmes, n’a pas à être promue comme idéal ; sa perte ne peut en aucun cas être condamnée.

CONTRACEPTION

- Les différents moyens de contraception doivent être intégralement remboursés et toute forme de préservatifs (condom, diaphragme et digue dentaire) doit être gratuite.
- Des moyens doivent être mis en œuvre pour le développement des méthodes contraceptives masculines comme la pilule contraceptive masculine.

INTERRUPTION VOLONTAIRE DE GROSSESSE

- L’ivg doit être un droit pour toute femme enceinte.
- L’ivg doit être autorisée aux femmes étrangères même si elles ne sont pas en règle.
- Le nombre de lits disponibles en hôpital doit être augmenté afin que toute femme puisse avorter quand elle le souhaite.
- Le délai de réflexion de 7 jours précédant une IVG dit être supprimé.

MALADIES

- Renforcer la lutte contre les maladies sexuellement transmissibles par des campagnes continues de sensibilisation insistant sur la responsabilité des deux partenaires quant aux rapports protégés.
- le préservatif féminin doit être promu et mis en avant dans la publicité pour la protection contre les MST.
- Les tests jugeant de la fiabilité d’un médicament doivent être pratiqués sur des groupes d’hommes et de femmes ; ce qui n’est pas fait aujourd’hui. De nombreux médicaments sont donc inadaptés aux femmes.
- La gynécologie médicale doit être revalorisée afin que les femmes n’aient pas à s’adresser à leur médecin généraliste, non spécialisé.

LANGAGE

- Mettre en place un comité de linguistes afin de neutraliser le langage et d’en faire le langage officiel obligatoire dans l’administration, sur le lieu de travail et à apprendre dans les écoles.
- OU féminisation des noms de métier. (* les deux idées font débat dans la communauté féministe francophone).
- supprimer sur le plan légal les notions de père et de mère pour les remplacer par “parents”, ceux-ci étant définis comme “personnes ayant un projet parental”, sans discrimination de sexe ou d’orientation sexuelle.
- Supprimer dans le langage toute référence à l’état de “disponibilité/indisponibilité sexuelle ou affective” des femmes. Cette suppression passe par l’interdiction dans tout document administratif et officiel de l’usage des termes “mademoiselle”, “nom de jeune fille”, “née X” …
- Suppression des termes “monsieur” et “madame” dans les documents administratifs ; les prénoms et le nom suffisent.
- Supprimer l’appellation “école maternelle” pour la remplacer par “école préélémentaire”
- Suppression de la mention du sexe à l’état civil ; le sexe n’apparaîtrait plus sur aucun document de l’État. Dans la mesure où le sexe civil est abrogé, le sexe indiqué sur les documents légaux relatifs à la santé devraient refléter une réalité médicale : sexe masculin, féminin ou intersexe.
- Suppression du vocable et du statut de “chef de famille” (ou de “personne de référence”), les adultes d’un “groupe familial” doivent être traités à égalité.
- Remplacer la notion de “bon père de famille” par “personne citoyenne et responsable” (Belgique).

VIOLENCES CONJUGALES

- Créer des maisons d’accueil et d’hébergement dans chaque préfecture et sous-préfecture.
- Toute personne victime de violence conjugale doit pouvoir conserver le domicile conjugal.
- Prise en compte et poursuites de toute plainte pour violence conjugale.
- Mise en place de service d’aide aux victimes et aux auteurs de violence.

VIOL

- La loi définissant le viol contre des personnes adultes doit inclure la notion de non-consentement.
- Suppression de la notion de pénétration (différence non justifiée entre viol et agression sexuelle).
- suppression de “l’enquête de moralité” sur les victimes de viol.

FAMILLE

- Remplacement du mariage par un “partenariat enregistré” ne reprenant que les aspects économiques du mariage, en ne tenant plus compte des aspects de la vie privée comme “fidélité” et obligation de vie commune.
- Interdiction des “unions forcées” (”mariages forcés”) et sanction effective des personnes ayant organisé une union forcée.
- Le sexe des contractants n’entrant pas en ligne de compte, le partenariat enregistré serait accessible tant aux couples homosexuels qu’aux couples hétérosexuels.
- Remplacer les congés dits de maternité et de paternité par un “congé parental” égal pour tous ; le congé médical suivant l’accouchement n’étant pas inclus dans le congé parental, il s’additionne à ce dernier.
- Le nombre de places dans les crèches doit être augmenté et être égal au nombre de demandes.
- Modification des disposition relatives à la filiation pour rendre celle-ci égalitaire pour les deux parents (notamment supprimer la loi décrétant automatiquement parent la femme qui accouche, ceci afin de supprimer la différence de traitement entre “maternité naturelle” et “paternité légale”).
- Autorisation d’adoption pour tous les couples, quel que soit le sexe des parents
- Généralisation de la garde alternée en cas de désunion des parents

ETRANGERS

- Donner le statut de réfugiée politique à toute personne victime de violences sexistes dans son pays ; cela vaut donc pour toutes les prostitué-e-s clandestin-e-s.
- Organiser des cours gratuits de langue et de fonctionnement de l’Etat à toute personne étrangère s’installant dans le pays, y compris dans le cadre du regroupement familial, afin de permettre aux personnes nouvellement arrivées (et en particulier aux femmes) d’être le plus rapidement possible autonomes.
- Renforcer la lutte contre les réseaux internationaux de traite des êtres humains, en particulier dans le cadre de la prostitution et de l’esclavage domestique.

Par Le maître des Bouviers
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Dimanche 23 mai 2010 7 23 /05 /Mai /2010 22:51

Prolégomènes : j'informe dorénavant, lors de la présentation de l'ouvrage que je m'apprête de critiquer, de la durée de lecture idéale selon moi.

Il me semblait qu'en plus du titre, du nom de l'auteur, de l'éditeur et du prix, il pouvait y avoir quelque intérêt de savoir, chers et précieux amis, douces et tourneboulantes amies, le temps que j'ai mis à lire ledit ouvrage.

 

 

Oui.

Plein de choses m'énerve, je ne devrais pas vous en faire part parce que vous pourriez vous en fiche et vous auriez raison.

N'empêche, je vous le dis quand même...

Là, par exemple, tout de suite, maintenant, je viens de changer de clavier parce qu'une touche (je ne sais pas laquelle !) me fait disparaître le curseur (vous savez bien, celui qui clignote sur l'écran et qui vous permet de savoir où vous en êtes) et ne "prend" plus ce que j'écris.

En d'autres termes, je tape sur le clavier et ça n'écrit pas.

Et ça me fout en rogne parce que ça ne marche toujours pas ! D'autant que je ne regarde pas ce que j'écris avant plusieurs lignes d'où une fureur redoublée quand je me rends compte que tout un paragraphe est passé à la trappe.

Où passe donc ce qu'on écrit quand cette foutue abominable machine à la con n'écrit pas ce qu'on veut qu'elle écrive ?

Mmmmh ? Où ?


D'autres choses ?

Plein. Beaucoup.


Dans l'ordre :

Le pognon (le mien) que l'on arrête pas de donner aux banquiers pour de mauvaises raisons.

Que ceux qui croient que c'est pour sauver le "système" bancaire, si indispensable à notre bien-être, se posent la question : a-t-on vraiment besoin des banques ?

Je veux dire que l'argent que je verse sur mon compte me coûte de l'argent, beaucoup plus en tout cas que si je le gardais chez moi sous forme de billets de banque.

Parce que les banquiers ne font jamais rien gratuitement jusque et y compris garder mes sous.

J'aimerais autant me rendre ce service moi-même et dormir sur un tas de billets de mille sous mon matelas.

Quoi ? Comment ? Qu'entends-je ?

Quel est celui qui affirme que la thésaurisation est coûteuse à cause de l'inflation ?

Un économiste peut-être ?

Un âne donc.

Regardez donc ce que rapporte le Livret A et dites-vous bien qu'épargner des sous en banque est ruineux.

Le Livret A, seul placement sans risque, qui est le mécanisme qui permet de récolter des sous pour construire des logements sociaux n'est plus rentable.

Donc l'actuelle politique de notre hyper-président est de se fiche complètement du logement des plus modestes.

Forcement, il ne les rencontre jamais au Fouquet's.

Et les voleurs de "sous-chez-soi" ?

Laissez-moi rire.

Je dispose de deux armes de destruction massive qui mettraient en pièces tout monte-en-l'air assez intrépide pour les narguer chez elles.

Mon conseil : gardez donc vos sous chez vous et adoptez deux (pas un, ce n'est pas suffisant) Bouviers Bernois.

Votre vie sera plus riche et moins monotone.


Il y a aussi un volcan islandais qui crachote et éructe un peu de fumée et de cendre.

On ne peut pas lui en faire le reproche, après tout c'est son privilège de volcan de crachoter et d'éructer et puis... on s'en fout.

Enfin, vous, je ne sais pas mais moi je m'en contrefiche absolument.

Mais quelle tapage !

Les pauvres touristes qui n'ont pu aller se goberger aux antipodes.

Quel drame ! Quelle horreur ! Quelle tragédie grecque !

Et ce concert de pleureuses parce que "mais qui va nous rembourser ?".

Et bien personne et surtout pas moi. C'est bien fait en plus, ils n'avaient qu'à pas vouloir aller dans des pays qui ignorent ce que la dignité humaine veut dire, où des gens meurent de soif et de faim alors que des gros touristes se vautrent complaisamment dans la débauche de produits vitaux.

Et tout ça parce qu'ils ont payer ? Des baffes, oui !


Et la burqa.

On a dit tout et n'importe quoi à ce propos, surtout n'importe quoi, on a clairement manipulé l'opinion publique à grands coups d'approximations et de mensonges éhontés, mais on en arrive où ?

Simplement à faire voter, par un parlement croupion et par des députés et des sénateurs à la botte, une loi qui ne résoudra rien mais permettra à des flics de remplir leur carnet à souche et donc de punir les victimes.

Et qu'on ne vienne pas me dire que les horribles bigames (comme si ça pouvait encore exister en France à l'époque des fichiers d'Etat Civil centralisés et informatisés) islamistes seront aussi punis d'une très lourde peine de prison.

La bonne blague.

Il semblerait bien aussi que des directives aient été données à la police parisienne de ne pas procés-verbaliser les épouses des richissimes cheiks du pétrole (de vrais bigames ceux-là) qui viennent faire leurs courses sur les grands boulevards dans leur vêtement à la con.

Du grand n'importe quoi du début à la fin.

"Mais, ô Maître des Bouviers, qu'auriez-vous suggérer que le gouvernement fasse ?".

Mais rien plutôt que ça.

Et laisser les humoristes se foutrent de la gueule des abruti(e)s qui défendent la liberté de se vêtir comme une boite à lettres.

 

Quoi d'autre.

Les gens qui disent "malgré que" ; une bonne fois pour toute on dit "bien que".

Le football parce que je ne fais pas partie des boeufs, faut pas déconner quand même, qui regardent des millionnaires taper dans une baballe.

Les gens qui vous souhaitent un bon appétit sont des ploucs qui me le coupe, la baronne Staff est formelle là-dessus : on ne souhaite pas un bon appétit, à personne.

Les pâtissiers qui nous affligent avec leurs recettes sur ma chaîne de télévision préférée (CuisineTV), où il faut mettre 12 grammes de ceci et un quart de moitié de cuillère à thé de cela et cuire à 156,5° C pendant 33 minutes et 9 secondes. Aucune fantaisie ces pâtissiers. Sont chiants.

Les filles que je branche sur meetic (oui, ben, j'ai subi un ultimatum du démon qui partageait ma vie : "C'est moi ou tes Bouviers !" m'a-t-elle dit. Alors forcement je me suis inscrit sur meetic.) qui me répondent, c'est sympa, merci beaucoup, qui échangent des propos subtils et profonds, chic alors, qui acceptent même de me rencontrer, alléluia, et puis...

Plus rien. Plus de son, plus d'image. Rien. Même pas une explication. Pffff !

Il faudrait néanmoins que je cesse d'emmener les Bouviers avec moi lors de mes rendez-vous galants.

Elles peuvent faire peur, je pense.

Mais surtout cet insupportable foutu bordel de curseur à la con qui disparaît sans cesse.

Je viens encore de perdre tout un paragraphe d'une hauteur d'esprit sans pareille où la profondeur de l'analyse le disputait à l'époustouflante maîtrise du français qui aurait fait pleurer de dépit Voltaire lui-même.

Et je ne vais pas recommencer.

Tant pis.

 

"Transparences"

Ayerdhal

Édition Le Livre de Poche

7.50 €

Durée de lecture : 2-3 jours

 

Dans la catégorie des polars psychologiques, ce bouquin pourrait faire figure d'exercice de style.

Je ne sais pas si l'auteur est psy (chologue, analyste, chiatre) mais il pourrait.

L'intrigue est assez simple : un criminologue d'Interpol se voit confier un dossier concernant une sérial-killer mystérieuse et insaisissable qui aurait plus de mille meurtres à son actif et qu'il va essayer de coincer.

Ensuite ça se complique un peu puisque la CIA, le FBI et des anciens du KGB viennent mettre leur nez chafouins (nez chafouins ?!) dans l'enquête.

S'ensuit une sorte de guerre des polices version espionnage de grande envergure avec tout ce que ça implique de trafics d'influence et de jalousies de service.

Les personnages sont bien campés, y compris psychologiquement quoique pas vraiment en profondeur, et leur lutte pour le pouvoir est réaliste car on saisi toute les implications politiques que peut avoir la lutte contre le crime.

Le véritable tour de force c'est que d'une intrigue ouverte sur le roman noir et d'aventures ce M. Ayerdhal fasse un roman assez intimiste où le lecteur n'est pas bousculé par des personnages inventés pour une circonstance et dont la durée de vie est de quelques pages, où on s'attache aux deux héros principaux et où on ne se perd pas dans la pléthore des secondaires (5 ou 6 pas plus).

Un compliment : l'intrigue est "Brownienne" mais traitée avec intelligence et cohérence, sans les pirouettes qui font que les lecteurs de D. Brown (ceux qui ont un petit sens critique) se tapent la tête à coups de pelle à tarte parce qu'il les prend pour des abrutis.

En d'autres termes, vous ne trouverez pas, dans ce bouquin, de rebondissements (à la con et invraisemblable) toutes les dix lignes.

On reste bien attaché à sa lecture bien que le style reste académique (écriture "école américaine") et que les dialogues soient parfois un peu confus à force de sous-entendus et de références qui se rapportent à d'autres dialogues.

Bon bouquin distrayant.

 

"Une forme de guerre"

Ian M. Banks

Edition Le Livre de Poche Science-Fiction

7.50 €

Durée de lecture : 2 jours

 

J'ai été un peu déçu, pourtant j'apprécie plutôt la production de M. Banks comme "L'usage des armes" ou "L'homme des jeux".

La trame de fond de chacun de ses bouquins est assez classique dans les ouvrages de SF depuis Asimov : la galaxie est peuplée d'humanoïdes et il arrive au héros plein d'aventures au travers de cette même galaxie.

Classique, donc.

Où doit alors se trouver l'originalité ?

Dans le système d'organisation de cette civilisation galactique et dans les conflits qui la secouent.

Chez Asimov l'organisation s'appelait l'Empire Galactique et était calqué sur le fonctionnement de l'empire romain ; le conflit était la chute de cet empire (relisez le cycle de "Fondation", ça vaut le coup).

Ian Banks invente une civilisation qui s'appelle la "Culture", immense société anarchiste, tolérante et cynique qui conquiert peu à peu les autres civilisations en les séduisant.

On suit les aventures d'un héros humain (à peu près) qui se trouve être un opposant à la "Culture" et qui la combat dans le camp d'une puissance non-humaine fanatiquement religieuse.

On ne sait cependant presque rien de cette guerre de religion anachronique et c'est dommage ; on ne sait presque rien de la "Culture" et c'est aussi dommage parce qu'on aimerait bien être séduit par la elle.

Les descriptions sont pourtant flatteuses à l'esprit (vaisseaux géants, mondes artificiels...) et on rentre volontiers dans la peau du et des héros, dans leur façon de penser aussi.

De ce point de vue, rien à dire.

Mais il y a comme un décalage entre le but poursuivi par le personnage principale et le cadre dans lequel il évolue, la fin aussi est un peu juste.

En me relisant, je me demande si je n'ai pas été un peu sévère.

Faites-vous donc une idée par vous-même.

 

"Roma Aeterna"

Robert Silverberg

Édition Le Livre de Poche Science-Fiction

Durée de lecture : 1 ou 2 mois

 

Vous pourriez vous étonner de la durée de lecture mentionnée, n'en faites rien puisque le bouquin est un recueil de courtes nouvelles indépendantes entres-elles que l'on a plaisir à picorer de-ci de-là au gré de notre envie d'un interlude parfois bienvenu dans d'autres lectures.

Il y a néanmoins un fil directeur à toutes ces nouvelles : l'uchronie de l'empire romain qui ne se serait pas effondré.

Je rappelle le principe de l'uchronie : que se serait-il passé si ?

En l'occurrence : que se serait-il passé si l'empire romain avait duré jusqu'à nos jours.

Je précise tout de suite qu'il ne s'agit pas d'un pastiche d'ouvrage d'histoire, il s'agit bien de nouvelles romanesques.

Et que le talent de Robert Silverberg, illustre écrivain de science-fiction, rend la lecture de "Roma Aeterna" aussi jouissive et addictive qu'un flacon de romanée-conti 1961.

Rien de moinsse !

Car, il faut le dire, le bouquin dégouline de talent, l'écriture est éblouissante dans une traduction que je devine soignée (c'est trop rare pour ne pas le souligner).

D'ailleurs : traduction de Jean-Marc Chambon.

Imaginez, si vous êtes friand des romans historiques, des chroniques flamboyantes de le Renaissance, le plaisir époustouflifianténorme que vous prendrez à lire ceci.

Garanti.

 

"Dernière caresse"

Catherine Guillebaud

Édition NRF-Gallimard

11.90 €

Durée de lecture : une nuit ou le temps de cuire un bourguignon.

 

C'est précisément ce que j'attendais (que mon bourguignon dominical fût cuit) lorsque j'entrepris cette lecture.

Petite histoire, grand bouquin.

Auto-fiction (Aïe...) d'un chien (Aïe, aïe, aïe !).

J'exprime ma douleur possible dans la  ligne précédente parce que ces deux exercice de style sont incroyablement casse-gueule.

D'abord parce que l'auto-fiction est, en France, un genre qui ne produit plus rien que de l'ennui tellement il est galvaudé et niaiseux.

Ensuite l'écrivain prend un risque énorme (avec moi) quand il s'agit de choisir un chien comme narrateur.

L'exercice n'est pas nouveau mais rarement réussi.

Et j'aime autant vous dire qu'il vaut mieux très bien connaître les chiens pour les faire parler. Je suis impitoyable à ce sujet et ne puis supporter l'approximation sur ce sujet là.

Hélas, la plupart des écrivain qui s'y risquent reçoivent, pour prix de leurs inexactitudes, un plein tombereau de gémonies sanglantes de ma part.

La crucifixion (ou l'empalement) me semble alors trop doux d'avoir manqué au respect et à la haute considération que tout être humain doit aux chiens.

Bref, ce n'est pas la cas de Mlle Guillebaud (Quel joli nom ! Nom de plume ? Si c'est la cas, c'est bien trouvé.) puisque nous sommes, au fil des pages, dans les pensées et les souvenirs de Joyce, setter anglais.

Dans son amour aussi pour sa maîtresse ; les sentiments de ce chien sont vrais et l'auteur nous les rend véridiquement émouvants.

Il n'y a pas d'histoire à proprement parler dans ce récit, juste la vie et les réflexions d'un chien jusqu'à... jusqu'à je ne vous dirai pas où.

C'est fichtrement bien écrit, c'est drôle, c'est triste, ce n'est pas ennuyeux une seconde.

Juste un petit défaut qui, sans cela, aurait rendu ce bouquin nobelisable (au moins) : c'est un setter anglais qui parle.

J'aurais préféré que le héros et narrateur fût un Bouvier Bernois.

Il y aurait eu plus de flamboyance, plus de grandeur, de puissance et de gloire, d'épopées épiques fabuleuses et d'orgueil canin flamboyant.

Non, je blague.

C'est un grand petit livre à lire d'urgence.

 

Bonnes et belles lectures

 

Le Maître des Bouviers

Par Le maître des Bouviers
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